L’instant Vinyl : 96. Nazl el Sourour de Ziad Rahbani

Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série « L’instant vinyl », cette rubrique dédiée aux pépites du passé, où nous dépoussiérons et partageons avec vous des disques qui ont marqué l’histoire de la musique. Et pour ce quatre-vingt-seizième opus, nous quittons l’Angola (cf. l’instant vinyle n° 95), pour nous rendre au Liban, et y découvrir le disque Nazl el Sourour de Ziad Rahbani.

Déjà, comment ne pas s’arrêter devant un si joli nom de disque, Nazl el Sourour, ou autrement dit, l’Auberge du Bonheur, ceci étant dit il nous faut maintenant vous planter le décor. On est au Liban, en 1974, c’est-à-dire à la veille du début de la guerre civile, et il est difficile de ne pas mettre en parallèle les événements de cette œuvre, avec ceux terribles qui viendront par la suite, même si Ziad Rahbani a lui-même démenti un quelconque lien… mais là on a dépassé le cadre du décor. Donc, nous sommes en 1974, quand Ziad Rahbani, fils de Assy Rahbani et d’une certaine Fairuz, et déjà jeune musicien et auteur prodige — il a déjà à son actif un recueil de poésie publié quand il avait 13 ans, et en 1973, à 17 ans, il compose une première chanson à succès pour sa mère, « Sa’alouni El Nas », et une comédie musicale Sahriyé — décide d’affirmer son propre style dans une pièce de théâtre, Nazl el Sourour.

La pièce nous raconte l’histoire de Zakaria, un homme un peu trop épris de jeux et de courses hippiques, qui s’est fait mettre à la porte de chez lui après une énième frasque, et a atterri dans cette fameuse auberge du bonheur… enfin, jusqu’à ce que Abbad et Fahed, deux ouvriers débauchés arrivent dans la maison, mitraillettes à la main, dynamites dans les poches, et idées révolutionnaires dans la tête… une prise d’otage mouvementée suit.

Avec beaucoup de subtilité et d’insolence, Ziad Rahbani se joue des codes et des travers de la société libanaise, s’amuse avec la langue, et dessine des situations et des personnages qui oscillent entre la caricature burlesque et une authenticité si douloureuse qu’elle en est drôle… Mais, vous nous direz, c’est ici l’Instant Vinyl, pas l’Instant Théatre, alors, pourquoi passer autant de temps à parler du texte… déjà puisque sur ce disque vous y trouverez autant la musique que la captation de la pièce elle-même, et puis aussi, car toute cette finesse et cette acidité que le dramaturge met dans son écriture, on les retrouve aussi, et avec la même intensité, dans la composition des musiques qui encadrent l’œuvre ; avec des chansons mémorables, comme le thème principal et éponyme de la pièce, ou encore le si marquant « Baatelak Ya Habilel Rouh Song » que Fairuz, elle-même, a reprise (et si vous ne l’avez pas encore compris, dans le monde arabe il y a une trinité immanquable constituée de Dieu, Oum Kalthoum et Fairuz… et vous pouvez les mettre dans l’ordre que vous voulez, c’est égal… enfin tant que Oum Kalthoum est au sommet de la pyramide).

Alors pour le dire vite, Nazl el Sourour de Ziad Rahbani, c’est comme une opérette libanaise classique… et en même temps c’est tellement plus !

Ziad Rahbani – Nazl el Sourour :

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