Le Live in Sharjah du Praed Orchestra, étrange et sublime !

Free Shaabed, que pensez-vous de notre néologisme pour décrire la musique du Praed Orchestra ? Il vient du fait que la musique que l’on découvre sur Live in Sharjah, le dernier album de ce singulier orchestre emmené par Paed Conca et Raed Yassin, oui, d’où le Praed, eh, bien, cette musique oscille à la confluence du shaabi, la musique populaire celle qui agite les ventres et les hommes moustachus (et parfois même les ventres des hommes moustachus) dans les cabarets enfumés, et les clubs discrets de la capitale égyptienne, du mouled, la musique de transe traditionnelle que l’on entend à certaines cérémonies religieuses, le rock psychédélique, et le free jazz, d’où le nom de free shaabed ! Bon, on avait pensé à amalgamer tout ça aussi sous le nom de moulbi psyché… mais on s’est dit que certains malins se seraient fait un plaisir d’y ajouter un -te à la fin, ce qui aurait fait tomber tout notre post dans les abymes d’un vestiaire de piscine municipale !

Mais revenons à Live in Sharjah, car tout néologisme mit à part, on fait ici vraiment face à un disque d’exception, un concerto populaire, une pulsation steam-pharaonique, une opérette égyptienne sous perfu synthétique, un mouvement arabo-futuriste serait t’on même tenter de dire pour faire un parallèle avec le genre chère à Sun Ra, un disque qui vous attrape, vous emporte et vous arrache autant avec le fracas festif d’un mahraganat débridé, que par le simple souffle, presque fantomatique, d’un instrument, un saxophone, ou une clarinette, qui suinte comme la flûte de lotus d’Osiris. Un disque qui laisse la place à des percussions et des derboukas qui vous étirent les bras et vous attirent vers le tourbillon dansant des claviers, une grande fête où l’on déambule, ivre de son, saoul de rythmes, on y croise un Maurice Louca qui laisse son oud s’aventurer note après note, à la recherche de leurs sœurs, égrainées par Sam Shalabi, puis dans le jeu baroque des lumières on découvre là bas Nadah El Shazly, et Ute Wasserman en train de se livrer à de curieuses expérimentations !

Bourdonnant, expérimental, puissant… ce Live in Sharjah qui nous prend de bout en bout, et nous fait vivre une véritable aventure de l’esprit, une odyssée du cœur, une péripétie des oreilles, qui balaiera d’un souffle toute nos hésitations prembulaire sur le free mou… le shaa.. psyché… Live in Sharjah du Praed Orchestra est une œuvre d’art qui frôle le sacré, tutoie le sublime, tout en gardant les pieds dans la fange et l’étrange… à découvrir… impérativement !

Praed Orchestra – Live in Sharjah :

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