Ambiance d’Hammamet : Sosa, Keita, Ovalles, un spectacle extatique

Toutes les conditions ou presque étaient réunies pour que cette soirée du jeudi 26 juillet soit mémorable ! Du sommet de l’amphithéâtre du Centre Culturel d’Hammamet, derrière le halo des spots qui éclairent la scène et les gradins qui, à cette heure, se remplissent timidement, l’on voit la lune presque pleine trônant dans un ciel sans nuages, si ce n’est quelques petits trainards cotonneux symbole d’un chaud et beau temps à venir, et sa lumière blanche à l’étincellement étrange et doux, de se refléter comme mille miroirs sur une mer lisse et apaisée.

Autant dire que cet état de fait aquatique vient faire un écho amusant au titre du spectacle proposé ce soir par le Festival Internationnal de Hammamet, Transparent Water. Il s’agit de la présentation du dernier album, du même nom, du pianiste cubain Omar Sosa, du korafola sénégalais Seckou Keita, et du percussionniste vénézuélien Gustavo Ovalles.

Et le show fut à la hauteur de l’événement, à la hauteur de son titre, à la hauteur de la réputation des musiciens, à la hauteur des éléments naturels ici réunis, et, bien sûr, à la hauteur de l’accueil du public tunisien, même si celui-là était en effectif réduit ce soir (ce qui une fois de plus soulève la question de la communication très douteuse et dommageable du festival), car ce public tunisien, même s’il y’a le gros… qui ouvre bruyamment sa cannette, même s’il y a le groupe de… qui caquète vulgairement, même s’il y a la mère… qui laisse crier son enfant, reste, et nous nous en rendons compte soir après soir, d’une chaleur exceptionnelle.

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Les trois musiciens se sont donc employés à déployer avec brio et grandeur toutes les nuances, et toutes les finesses de leur jazz dans un dialogue musical absolument captivant. Un spectacle extatique, et voici là un mot utilisé à bon, et à plein escient, tant l’émotion suscitée par cet échange musical prodigue arrive à transporter le public, autant que les musiciens, hors d’eux-mêmes, et à les extraire des gradins en béton, les extraire de la pesanteur chaude et humide de la nuit hammametoise, les extraire de leur quotidien, ne fût-ce que le temps du concert, que le temps d’une envolée de quelques notes cristallines de kora dans le ciel.

Pour le dire, peut être, plus trivialement, nous devons citer l’une de nos voisines, une femme d’une cinquantaine d’années, probablement française, au carré soigneusement lissé, et teint d’un blond pas outrageux, tirant vers le blanc, qui s’est, à la fin du concert adressé à son mari dans ces termes : « ah, ça fait deux heures déjà, bah on n’a pas vu le temps passé ! ». Quel meilleur compliment que celui-là ?! Une des autres réactions notables que l’on a pu observer ce soir dans le public fut un quasi-râle de plaisir arraché d’un petit groupe de Tuniso-Vénézueliens, lorsque Gustavo Ovalles a entamé un rythme de chez lui sur ses bongos.

L’on doit d’ailleurs souligner l’ingéniosité de ce dernier qui, aidé d’un bon nombre d’accessoires percussifs, allant des bongos à un talking drums, de congas, à une bassine remplie d’eau, d’une batterie plus classique à des paires de bambous, a parfaitement su se tenir au niveau d’un Omar Sosa totalement absorbé par sa folie créative ne quittant ses rangées de claviers que pour entamer quelques pas de danse singulier, et de Seckou Keita qui réussit à imposé sa kora dans tous les registres, mandingues, bien sûr, mais aussi jazz, et cubains.

Si l’on doit soulever une ombre négative a cette soirée, et la nous parlons d’une ombre de l’envergure de celle projetée par les nuages cités plus haut, ce serait, une fois de plus, lié au comportement peu respectueux de certains professionnel, ou en tout cas que l’on dénomme ainsi. Citons les photographes qui aurait besoin d’un peu de discipline, plus particulièrement ceux qui viennent vous aveugler avec un spot très puissant pendant plusieurs secondes, et le propre staff du festival qui s’évertue a faire voler un drone bruyant pendant presque toutes les représentations, pour de toute façon n’en monter que deux fois 10 secondes mal cadrées, qui seront vues sur la page Facebook du festival par moins de monde qu’il y a sur les gradins (passe encore quand ce sont des spectacles en puissance comme celui de Émir Kusturica, mais beaucoup plus problématique avec la finesse de Sosa).

Ceci étant dit, avec Transparent Water le Festival International de Hammamet a su offrir ce soir un spectacle unique, qui sera probablement l’un des meilleurs de cette édition.

 

Transparent Water de Omar Sosa, Seckou Keita et Gustavo Ovalles au Festival de Hammamet

 

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