Ngiwu Shwabada, les fantastiques incantations de Sibusile Xaba

Quel disque étrange que le guitariste, chanteur, et artiste — faisons même ici peser tout le poids de ce mot trop souvent galvaudé, réduit de nos jours à peau de chagrin, ou plutôt à une peau plus intime clouée sur une place russe — sud-africain, Sibusile Xaba délivre avec la sortie de Ngiwu Shwabada.

Un disque, fruit d’une incroyable et unique session d’enregistrement au Studio Pigalle à Paris, sur lequel le musicien se livre à d’étranges et captivantes incantations musicales. Au-delà d’un simple disque de maskandi, ou de mbaqanga, ces genres musicaux zoulous et folkloriques, qui oscillent entre la campagne et la ville, et dans lesquels les archivistes aimeraient ranger Sibusile Xaba, il y a dans cette œuvre, bien sûr, la convocation des grands noms du genre, de Philip Tabane, le père du malombo jazz, au roi de la guitare zoulou, Madala Kunene, à qui il dédit le titre « Tribute To Bafo », mais bien aussi bien plus ! Derrière les cling cling entêtants, hypnotiques, de la guitare, et les échappés vocales de Sibusile Xaba et Kholofelo « Naftali » Mphago qui vient parfois le seconder, on se laisse happer par un tourbillon mystique où l’on croise un peu des cérémonies musicales d’Exuma, les fantômes d’Albert Ayler et de Weston, l’écho des chants de berger adressé aux ciels de l’Afrique depuis les contreforts de l’Atlas, jusqu’à la plus australe des cotes du KwaZulu-Natal… un peu de folie aussi, et beaucoup de musique.

Puis, pour clore cette grande prière du jazz sud-africain, cet appel de la ruralité zoulou, pour clore ce disque fantastique et étrange, Sibusile Xaba rentre dans un dialogue splendide et étourdissant avec le saxophoniste Shabaka Hutchings, sur un titre de plus de 18 minutes, qui, à lui tout seul, aurait déjà pu constituer un disque !

Et pour rebondir sur le mot disque, l’on ne saurait que vous conseiller d’acheter ce Ngiwu Shwabada et de le conserver bien précieusement dans un coin de votre discothèque (pas trop loin non plus de votre platine), car il y a fort à parier que cet opus fasse partie de ceux qui, dans quelques années, quelques décennies continueront de susciter l’intérêt des oreilles exercées et des amateurs de bonne musique.

Sibusile Xaba – Ngiwu Shwabada :

Si vous avez apprécié le contenu de cet article sur « Ngiwu Shwabada » le dernier album de l’artiste sud-africain Sibusile Xaba, n’hésitez pas à visiter notre page facebook et a y réagir, et pourquoi pas même nous encourager d’une petite mention « j’aime ».

2 réflexions au sujet de “Ngiwu Shwabada, les fantastiques incantations de Sibusile Xaba”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.