Habibi Funk sort le tout premier, et surtout inconnu, album de Issam Hajali

Malgré un petit accrochage dans le décompte de ses parutions qui a mené à la sortie du Habibi Funk 11 dédié à l’explosion gnawa funk de Attarazat Addahabia & Faradjallah avant ce Habibi Funk 10 qui nous intéresse aujourd’hui, l’on peut dire que le label dédié aux grooves arabes d’antan fait du bon boulot et ne nous a pas encore déçus, et ne risque pas de le faire surtout au vu de cette dernière sortie, Mouasalat Ila Jacad El Ard de Issam Hajali.

Bon, d’accord, mais c’est qui Issam Hajali ? C’est un chanteur, c’est même le chanteur du groupe libanais Ferkat Al Ard, un groupe plutôt emblématique d’une époque où le Liban, en pleine guerre civile, cherchait son réconfort dans la musique, le jazz et la bossa, le chaabi et la pop. Le seul album de Ferkat Al Ard paru en vinyle, le génial Oghneya, produit par nul autre que Ziad Rahbani, est devenu une denrée tellement rare, et tellement prisée que les quelques exemplaires restants peuvent s’échanger à plusieurs milliers de dollars ! Faut dire qu’avec cette voix vibrante, qui s’arrache à la terre pour monter dans des cieux poétique et grave, et les arrangements presque baroques de Ziad Rahbani, le disque avait dès sa naissance de quoi devenir culte !

Mais peu importe, puisque Habibi Funk nous initie à un disque qui marque les prémices de ce groupe culte, un disque a l’histoire rocambolesque qui a permis à Hajali de susciter la curiosité du maestro Rahbani. Tout commence en 1976, Issam Hajali, militant de gauche, se voit contraint de quitter son pays à la suite de l’intervention militaire syrienne ; il trouve refuge à Paris. Il y restera 1 an, il survit comme il peut en jouant dans le métro, et dans cette galère, il réussit malgré tout à rassembler quelques musiciens de fortune, un frère libanais avec qui il partage une histoire similaire, un Algérien, un Iranien et quelques Français, et à réunir l’argent nécessaire à la location d’un studio d’enregistrement… enfin, pour une seule journée !

C’est donc dans un temps record qu’il enregistre les bases de Mouasalat Ila Jacad El Ard. Et à la fin de l’année 77, Issam rentre à Beyrouth avec ses enregistrements sous le bras, un disque très personnel, où il a composé toutes les musiques et chanté ses propres textes et ceux du poète palestinien Samih al-Qâsim. Une fois au pays il peaufinera un peu l’enregistrement et essaiera de le diffuser, avec les moyens du bord. Un tirage sur cassette à pas plus de 100 exemplaires verra le jour. Et l’une d’elles finira dans les mains de Ziad Rahbani, qui sera définitivement séduit par la voix grave de Hajali qui plane sur un son qui porte en lui mélancolie et liberté des années 70 !

Cette œuvre originelle disparue a été retrouvée par les diggers de Habibi Funk dans les mains de… Issam Hajali lui-même ! Le musicien libanais qui tient aujourd’hui un magasin de bijoux népalais à Beyrouth avait encore dans sa collection personnelle un original de cette œuvre hors du temps, c’est cette copie qui a servi au remastering et à la réédition de ce disque qui paraît le 22 novembre chez Habibi Funk. Un disque qui ravira les fans de la première heure, mais surtout ralliera tout un nouveau public derrière cette musique qui, 40 ans après, reste résolument moderne ; on peut même trouver des similarités entre la voix de Hajali, et celle du chanteur tunisien Jawhar Basti.

Issam Hajali – Mouasalat Ila Jacad El Ard :

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