L’exil, la nuit, et le Sahari, au cœur du troisième album de Aziza Brahim

Il y a dans le désert du Sahara, sur sa bordure ouest, un petit morceau de territoire que certaines cartes présentent comme étant le Sud marocain, mais qui est en réalité bien plus que ça, un territoire non autonome comme dit l’ONU de nos jours. Ancienne colonie espagnole, dont le peuple a bien espéré devenir indépendant en 1976, au départ du colon… mais ça s’était sans compter sur les conflits d’intérêts des puissances régionales, la Mauritanie, L’Algérie, et le Maroc. Ce dernier, avide de rétablir les frontières d’un grand Maroc d’antan, s’est empressé de se saisir de cette terre de sable et de rocher, au prétexte d’ancien serment d’allégeance de tribus sahraouies au sultan chérifien. Alors, il y a eu la guerre, les mines, les combats, la fuite, la souffrance, les familles disloquées, et l’exil…

C’est cette histoire que porte la chanteuse et militante sahraouie Aziza Brahim. Née dans un camp de réfugiés de Tindouf en Algérie, elle chante ce territoire qui est ancré en elle, mais qu’elle n’a jamais connu, comme son père, disparu avec cette terre confisquée. Chanson après chanson, album après album, la chanteuse sahraouie qui a fait de son art un combat se dresse au coté de son peuple, relève la tête devant son courage, s’effondre avec ses chagrins, et rêve un avenir meilleur, pour elle, peut-être pas, mais au moins pour la nouvelle génération. Une situation très bien représentée par la pochette de son nouvel album, son troisième, Sahari, dont la sortie est attendue le 15 novembre chez Glitterbeat Records, avec cette petite fille en tutu d’un blanc immaculé, rayonnante, au milieu du dénuement d’un camp de réfugiés.

Pour la musique, comme vous allez pouvoir vous en rendre compte vous-même avec « Leil », la nuit, premier extrait de ce Sahari à venir, on retrouve avec plaisir cette voix vibrante chargée d’une émotion qui plonge dans les nuits étoilées du Sahara, et qui laisse transparaître derrière le rythme rapide des tabals, cette cassure du déraciné, mais aussi une cassure qui peut rappeler celle de certaines chanteuses de flamenco. Il faut dire que c’est en Espagne qu’Aziza Brahim vit son exil, et c’est là-bas qu’elle y a enregistré ce nouvel album, au côté de la détonante Amparo Sánchez qui a ajouté sa touche plus moderne au processus de production.

La guerre au Sahara Occidental a duré de 1976 à 1991. Après la signature de l’accord de paix qui devait conduire à un referendum d’autodétermination, l’occupation marocaine a en réalité perduré, et figé cette terre et son peuple dans une nuit encore émaillée de temps à autre de pics de violence sporadique.

Aziza Brahim – Sahari :

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