Timoti La Moto Casco, la rage planante d’un album mexicain

Alors que l’équipe du Mexique reste encore invaincue à l’heure où nous écrivons ces lignes, on a décidé de plonger dans la musique d’un groupe mexicain qui n’a rien à voir avec des mariachis ! Oui, vous pouvez ranger les maracas et les sombreros au placard. Ici, avec Timoti La Moto Casco et leur nouvel album sobrement intitulé TLMC, l’ambiance est résolument rock.

Le groupe, originaire de Guadalajara, distille un rock particulièrement bien ficelé, qui oscille entre la britpop éthérée des années 90, le gros rock stoner qui tâche, et une énergie… une énergie punk qui louvoie en trame de fond, prête à exploser à chaque instant. On va vous épargner la liste interminable des comparaisons possibles, on va s’épargner le grand écart périlleux entre Nirvana et Oasis, entre Black Sabbath et Deftones. On préfère simplement affirmer que TLMC a le don de faire cohabiter des ambiances suspendues, presque planantes, avec des grosses guitares qui peinent à dissimuler leur hargne viscérale. Il y a de tout, des guitares saturées, des basses monstrueuses qui vous secouent les tripes, une batterie qui va au fond des choses, des voix qui planent en espagnol, un fuzz qui envahit tout l’espace sonore, et des synthés qui se glissent parfois çà et là pour ajouter une touche de tension.

Sous cette apparente fièvre, on sent une maîtrise remarquable. Une mutation brillante et vitreuse du backbeat britpop scintille sous nos pieds, tandis qu’en arrière-plan, une mécanique krautrock bruitante et obstinée propulse le tout. Cette dynamique de tous les instants a d’ailleurs porté le groupe jusqu’aux pages de la version espagnole du magasine Rolling Stone et sur les routes en première partie des américains de Geese. Sur des morceaux comme « Desvanecer » ou « Las Nubes Caen », la partition d’Alfredo Zenteno et Diego Montiel atteint son apogée, mêlant nostalgie brute et mélodies envoûtantes. Leur complicité, véritable jardin secret aux étoiles contrastées, insuffle à l’album une sincérité désarmante. Alors, non, TLMC ne révolutionne pas le genre, certes, mais qu’est-ce que c’est bien fait ! Le disque s’écoute fort, très fort, et d’une traite, sans une once de fatigue. Oui, rien à jeter dans ce TLMC des Mexicains de Timoti La Moto Casco, un pur concentré de rock qui fait du bien.

Timoti La Moto Casco TLMC :

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