Little Simz dévoile une Sugar Girl pas si sucrée

Tout va très vite du côté de Little Simz. À peine le temps de refermer les plaies de l’affaire Inflo (son ancien producteur avec lequel elle est en litige) que la rappeuse londonienne est déjà ailleurs, déjà en mouvement, déjà en train de transformer les débris en carburant. Il y a eu l’album Lotus l’an dernier, disque encore traversé par la trahison, les comptes à régler et cette façon très anglaise de garder la mâchoire serrée quand le plafond menace de tomber. Puis le cinéma. Pas un petit rôle jeté au fond d’un générique pour flatter l’ego d’une maison de disques, non. La voilà à partager l’écran avec Cillian Murphy dans Steve. Et pendant que beaucoup auraient commencé à savourer leur propre légende comme des vieux chanteurs de pub installés sur un tabouret en velours, Little Simz, elle, préfère encore accélérer.

Alors entre un passage à Coachella et une date attendue à We Love Green, elle lâche comme ça, sans crier gare, un EP de quatre titres, Sugar Girl. Et contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire, il n’y a presque rien de sucré là-dedans. Ici, le son transpire, déborde, frotte, tache…

Le premier choc, c’est cette texture. Les basses ont des contours flous. Le son bave volontairement. La distortion mange l’espace. Les voix se dissolvent dans les machines jusqu’à parfois devenir des fantômes numériques. On est loin du groove chirurgical et du flow précis qui faisaient le charme immédiat de ses précédents projets. Sur Sugar Girl, Little Simz passe en puissance. Elle rappe comme quelqu’un qui revient d’une longue nuit sans avoir pris la peine d’enlever l’odeur de fumée sur sa veste.

Et puis il y a les invitées. Beaucoup d’invitées pour un EP aussi court. La rappeuse américaine JT débarque sur “Game On” avec une arrogance poisseuse. L’artiste nigériane DEELA apporte à “Open Arms” une sécheresse presque mécanique, pendant que Little Simz dérive dans des vapeurs afro-tech. Et puis il y a 070 Shake sur “Telephone”, probablement le morceau le plus étrange du lot, comme un slow électronique qui danse entre deux eaux, entre deux heures…

Sugar Girl ressemble à une parenthèse, oui, mais une parenthèse nerveuse, tachée, presque malsaine par moments. Un disque court qui sent davantage la cave humide, les stroboscopes fatigués et les lendemains électriques que les cocktails pastel vendus par l’industrie du disque et les attachés de presse.

Little Simz Sugar Girl :

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