La Divīne incantation technoïde et tunisienne de Mettani

Direction la belle ville de Sousse en Tunisie, où derrière les échos joyeux de la cité balnéaire, où derrière les entrechoques et chics des verres de bière sur le port d’El Kantaoui, où derrière les persiennes bleues de la médina, où derrière les effluves de chichas et de jasmin, se joue une sombre et Divīne affaire celle de la sortie de la dernière parution de Mettani, qui n’est nul autre que le patron de la maison Shouka.

Sur ce disque qui annonce la couleur dès sa pochette presque pompéïesque (œuvre de Valérie Frossard), on plonge dans un bain d’incantations mystique et technoïdes, où des djinns nord-africains viennent tournoyer autour des esprits des anciens sorciers ouest-africains qui s’incarnent dans les transes lancinantes du stambeli. L’esprit machine plane au-dessus de cette étrange danse des synthés, des samples, et des âmes raveuses et assène sur l’opus, sur Divīne, un martèlement entêtant, hypnotique, et un brin effrayant. Animislam, Alla By Night, Polyatheist, Lilith… les titres s’enchaînent bravant les carcans monothéistes, pour insuffler un peu d’un paganisme nouveau et électronique à la rigueur des dogmes actuels.

Une envie de casser les codes, à grands coups de beats et de machines, qui renvoi aux origines du genre, quand la techno était encore outil de contestation et d’expression, que ce soit dans l’énergie noire de Detroit, le fatalisme cadencé de Berlin, ou la folie de Manchester, et pas encore qu’un simple prétexte à gober un mdma entre deux locations d’airbnb à Ibiza.

Et après les dogmes et les superstitions de Divīne, premier volet d’un triptyque subversif, Mettani mettra le cap sur les singularités du sexe et du genre, avec Mōthers, puis versera dans un sentimentalisme obscurantiste avec Sukūn. Séduisant programme !

Mettani – Divīne :

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