Baby Daiz coupe court avec un “Coupé” précis et nerveux

À l’heure où la plupart des rappeurs se noient dans des flows autotunés stériles, tous plus ou moins interchangeables, où beaucoup recyclent les mêmes prods drill sans même chercher à se les approprier, ne serait ce qu’un peu, voilà que Baby Daiz débarque avec un “Coupé” qui va droit au but. Pas de détour, pas d’intro inutile. C’est court, deux minutes quarante-huit à peine, et c’est plié !

Le garçon, né au Congo, ayant grandi en Afrique du Sud, ne force rien. Il circule. Lingala, français, anglais, ça s’enchaîne sans prévenir, sans justification. Pas de démonstration, pas de posture. Une façon de poser ses couplets comme des évidences, avec ce chorus tranchant qui revient comme une lame bien affûtée.

Et puis cette prod… mais cette prod. Une grande boucle électronique qui avance vite, presque trop vite, et qui pourtant trouve le moyen de rester là, collée. Hypnotique, nerveuse, un peu obsessionnelle. Derrière, les drums cognent, les 808 rebondissent, une base solide, moderne, qui accroche immédiatement. Et ce serait déjà bien si ça s’arrêtait là.

Mais, non, ça ne s’arrête pas là !

Au milieu de cette mécanique bien huilée, viennent se glisser des petits claviers, presque en douce. Des nappes rétro, légères, mais chargées. Et là, ça bascule. Ça rappelle autre chose. La fin des années 90 à Kinshasa, les nuits électriques, les corps serrés, la musique qui déborde. Une odeur de techno-soukous, discrète mais bien réelle.

Car oui, tout est là, en fait.

Derrière la grosse voix, derrière l’instru qui fait le travail, derrière même cette petite balade à Château Rouge dans le clip… il y a le clin d’œil. L’hommage, mais pas celui qui s’affiche en grand. Plutôt celui qui se glisse dans un détail. Awilo Longomba, “Coupé Bibamba”. Le vieux classique qui continue de tourner, qui reste dans un coin de la tête…

Et forcément, le titre prend une autre dimension. “Coupé”, ce n’est pas seulement la voiture, la vitesse, la réussite qu’on affiche. C’est aussi une manière de découper, de reprendre, de transformer.

Il y a quelques semaines, Didi B et Zlatan s’y sont essayés eux aussi avec “Je m’appelle”. Très bien. Mais ici, Baby Daiz ne cherche pas à rejouer. Il déplace. Il compresse. Il actualise sans nettoyer.

Baby Daiz « Coupé » :

Didi B & Zlatan « Je m’appelle » :

Awilo Longomba « Coupé Bibamba » :

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