Avec Okunkun, Solana invente la Yorupop

Basses bien rondes qui rebondissent comme un hit des années 80, ambiance groovy à souhait, des voix qui s’échappent sur une brise de fun… Oui, il y a quelque chose qui se trame là-dessous. Derrière le « Okunkun » de la chanteuse nigériane Solana, c’est peut-être l’avènement d’un nouveau genre musical qui se profile, d’une nouvelle tendance prête à envahir les ondes ouest-africaines : la Yorupop, ou Yoruba Pop !

Et si ce titre n’était pas simplement un single de plus, mais le coup d’envoi d’une révolution musicale ? On savait les Yoruba prompts à glisser un peu de leurs singularités culturelles dans les genres qu’ils font leurs. Mais jusqu’à présent, aucun n’était allé puiser aussi profondément dans les arcanes de l’hyperpop que Solana. Avec son irrésistible et très sucré « Okunkun », son dernier titre en date, elle plonge un peu plus loin encore dans les remous de cet hyperpop à l’africaine. On pourrait peut-être le rapprocher du travail d’une Amaarae au Ghana, ou, à la limite, de l’univers électro-planant du duo Sofi Tukker. Pourtant, là où ces artistes surfent parfois sur des sonorités froides et futuristes, Solana préfère une approche plus organique et nostalgique.

Cette Yorupop très « hyper » se distingue de son pendant occidental en ceci qu’elle ne regarde pas vers la culture internet et les années 2000, mais puise son esthétique dans le punch coloré et la chaleur analogique des eighties. Loin des productions aseptisées, elle mise sur une authenticité brute qui rappelle les heures les plus glorieuses des clubs new-yorkais, tout en y insufflant une âme résolument africaine. Les synthés sont chatoyants, les rythmes sont dansants et profondément enracinés dans une culture toute lagosienne.

Sur une prod conçue sur mesure par son acolyte Killertunes, Solana laisse libre cours à son exploration sonore. Elle joue avec les mots, use et abuse des répétitions hypnotiques, transformant ce morceau en un véritable mantra festif. Sa voix, à la fois aérienne et incisive, se fond dans la trame instrumentale pour créer une atmosphère à la fois douce et survoltée. « Okunkun » n’est pas juste une chanson, c’est une déclaration, le futur de la pop ouest-africaine est peut-être en train de s’écrire, et il s’annonce résolument coloré, groovy et résolument Yoruba.

Solana « Okunkun » :

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