République Démocratique du Congo : Bref Descriptif

Capitale : Kinshasa
Hymne national : Debout Congolais
Langues officielles : Français, Lingala, Swahili, Tshiluba
Chef d’état : Joseph Kabila (président depuis 2001, succède à son père)


A partir de la fin du 19eme siècle, entre les rafles esclavagistes des arabes et afro-arabes venant d’Égypte ou du Zanzibar (archipel au large de l’actuelle Tanzanie, qui fut notamment sous le joug du sultanat d’Oman), les sauvetages de missionnaires européens, puis les regroupements autours des sites miniers, des travaux de chemins de fer sous Leopold II, la population congolaise fut malmenée, déplacée, regroupée…

Musicalement, à cette période de brassage forcé, les peuples, les rythmes, les traditions se sont mélangés, aboutissant à l’émergence de nouveaux courant musicaux. Mais le vrai changement apparus dans les années 20 avec l’importation des premiers disques, introduisant de nouveaux rythme afro-américains, et afro-caribéens.

Dans les années 40, le chanteur, guitariste et poète Antoine Kolosoy dit Wendo Sor (déformation de Duc de Windsor), pose les bases de ce qui sera la rumba congo-zaïroise avec des musiques comme Marie Louise ou Paul Kamba. On peut noter le nom de certains de ses contemporains comme le guitariste Jean Bosco Mwenda, Léon Bukasa, ou encore Henri Bowane.

La révolution de la rumba congolaise, intervient dans les années 50, avec deux personnes, Joseph Kabasélé dit «Grand Kallé Jeff», qui avec son guitariste, Nicolas Kasanda alias «Docteur Nico», électrifie leur son et monte l’African Jazz, en 1960, à l’indépendance, ils signeront un, voir peut-être le plus grand tube de la musique africaine, qui propulsera la rumba sur la scène internationale et qui encore aujourd’hui est un hymne à la liberté dans beaucoup de pays africains, Independance Cha Cha. Ils inspireront toutes les futures générations d’artistes congolais, dont la chanteuse de Bolingo Y’a La Joie et Georgette, Lucie Eyenga.

Dans les années 60, deux artistes modifient légèrement la rumba et jettent les bases du soukouss, du moins dans sa première version, François Luambo Makiadi dit « Franco » et son orchestre le T.P O.K Jazz, et Tabu Ley “Rochereau”.

Franco, des animations de bar la nuit, au chanson d’amour, en passant par des séjours en prison, aux faveurs de Mobutu, de la ruine à la gloire il est l’un des artistes majeurs de la scène congolaise avec plus de milles chansons produites, dont la chanson sur les gigolos, Mario, Massu avec la chanteuse Jolie Detta, une de mes musiques favorites du Tout Puissant OK Jazz, ou encore l’international Si Vous Passez Par Là.

Avant l’hommage rendu par son fils, le rappeur français Youssoupha, Pascal-Emmanuel Sinamoyi Tabu Ley, dit Tabu Ley Rochereau, ou encore Seigneur Rochereau, est un artiste ayant débuté avec Grand Kallé au sein de l’African Jazz, qu’il quittera en 1963 pour fondé l’African Fiesta, avec Docteur Nico, puis l’Afrisa International, la même année il rencontrera les Beatles dans un club de Hambourg, alors qu’ils n’étaient pas encore connus, il adaptera d’ailleurs plus tard leur chanson Let It Be. Très inspiré par James Brown, et les chanteurs pop, il travaille particulièrement son jeu de scène, engage des danseuses, les Rocherettes, et surtout collabore avec la brillante Mbilia Bel.

Dans les années 70, le soukouss des origines sera à nouveau modernisé par le Zaiko Langa Langa, qui effacera les instruments à vent pour ce recentrer sur la guitare, et la batterie et faisant intervenir des danseurs et animateurs sur scène. Ce groupe, véritable pépinière d’artiste, compta dans ses rangs Nyoka Lango, Evoloko Joker, Papa Wemba, Koffi Olomidé, ou encore Bozi Boziana. Bon nombres d’orchestre seront crées par des membres dissidents du Zaiko Langa Langa, le Viva La Musica de Papa Wemba, Isifi Lokolé avec Bozi Boziana, Zaiko Famila Dei, Tout Choc Anti Choc…

Papa Wemba, après avoir quitté le Zaiko Langa Langa en 74, participa au Isifi Lokolé, puis au Yoka Lokolé, puis créa sa propre formation Viva La Musica. Auprès de la jeunesse, il symbolise la rébellion, en lançant une nouvelle mode extravagante, la Sape et crée, à l’instar de la Kalakuta Republic de Féla Kuti, le village Molokai, dont il est le Chef Coutumier. Dans les année 80 il est internationalement connu, enchaîne les tournées, dont une avec Afrisa International à l’invitation de Tabu Ley. Son orchestre voit défiler les musiciens de talents, Koffi Olomidé (qui fondera plus tard son orchestre Quartier Latin), King Kester Emeneya, Djanana Djuna (le père du rappeur parisien Maitre Gims) ou encore Awilo Longomba. Dans les année 90 il s’installe en Europe, rencontre l’américain Peter Gabriel, dont il assurera les premières parties, et réoriente sa musique en tentant de satisfaire les goûts de ses deux publics, africains, et occidentaux. En 2003, il est suspecté d’être au cœur d’une affaire de trafic de Visa, et d’aide à l’immigration clandestine, il sera condamné à 3 mois et demi de prison en France. A sa sortie il se dit changé, et fait prendre un virage plus spirituel à sa musique. On peut discuter de l’histoire, des affairages, des succès (écoutez Beau Garçon, Maria Valencia, Elongi Ya Jesus), de son aisance au chant, de sa capacité a navigué d’octave en octave, mais il y a un domaine ou l’on ne peut qu’être d’accord c’est ses prestations live (a voir ce concert au New Morning de 2006, en 2 parties), je ne me souviens plus dans quel journal, ils écrivaient que Papa Wemba était un des rares artistes ou lorsqu’il se met à chanter, le temps se suspend.

Le Ndombolo, est encore une variante du soukouss et de la rumba, plus accéléré, avec une part plus grande aux animations vocales, et aux danses. Un des groupes kinois majeurs de ce mouvement c’est le Wenge Musica, fondé par une bande d’amis, dont Werrason et JB Mpiana, ils enchaîneront les succès dans les années 90 avant de se séparer en 97. De cette scission naîtra plusieurs groupes, les plus notables sont le Wenge Musica BCBG emmené par JB Mpiana, le Wenge Musica Maison Mère de Werrason. Fally Ipupa prendra part au Wenge Musica Maison Mere, avant de le quitter pour rejoindre le Quartier Latin de Koffi, puis de se lancer dans une carriere solo, avec le succès qu’on lui connaît (à voir le live à l’Olympia).

Abeti Masikini, grande chanteuse d’afropop, surnommé « la reine du soukouss parfumé », repéré en 1971 par la togolaise Bella Bellow, et soutenu par Franco, elle fonde son groupe Les Redoutables d’Abeti et engage ses danseuses Les Tigresses, elle a eu une grande carrière international, elle joua en 74 à Kinshasa à l’occasion du grand concert soul organisé pour le combat de boxe entre Foreman et Mohammed Ali, au coté de Franco, James Brown ou encore B.B King. Une chanteuse chinoise Chu Mi Yin reprendra même un de ses albums et se fera appeler l’Abeti chinoise.

Pépé Kallé et l’empire Bakuba, artiste de taille de la musique kinoise, et pour cause, il mesure 2 mètre 10 pour 150 kilos. Son style navigue entre rumba des origines, soukouss et afrozouk. Les prestations live de l’Empire Babuka, sont particulièrement soigné, grâce aux jeu de scène des musiciens, a la danseuse Moseka, évidemment à la massive présence de Pépé Kallé, mais surtout grâce a la présence des nains Emoro et Jolie Bébé.

Tshala Muana, considérée aujourd’hui comme la Mamu National, celle qui aura internationalisé les rythme Mutuashi du Kasaï, a commencé sans grand succès dans l’orchestre Tsheke Tsheke Love de la chanteuse Mpongo Love, puis chez les Tigresses d’Abeti. Mais ce n’est que lorsqu’elle part s’installer, en 1982, à Abidjan, qui était alors le centre névralgique de la culture en Afrique, qu’elle rencontre le succès, grâce à la sortie de son 45 tours Amina. S’enchaîne les tournées africaines, européennes puis américaines.

A écouter également, Kanda Bongo Man, le roi du Kwassa Kwassa, il introduit un soukouss plus cadencé, et surtout cette fameuse danse le Kwassa Kwassa. Il rencontrera un succès africain, puis international avec ses participation aux festivals de Peter Gabriel, le Womad, puis à une tournée de l’association française SOS Racisme, qui ‘l’emmènera au État Unis.

Et dans un registre folk, Lokua Kanza, qui métisse musique africaine, folk, jazz, rumba… Il a commencé dans les bar de la capitale congolaise, puis au Ballet National de Kinshasa, avant de s’envoler pour Abidjan, puis Paris. Il raconte qu’il a su qu’il voulait devenir chanteur, en entendant la chanson Malaika, a un concert de la sud africaine Miriam Makeba ; il appellera d’ailleurs sa fille Malaika Kanza. Depuis sa carrière à décollé, il a collaboré avec les plus grands, Papa Wemba, Youssou N’Dour, Koffi Olomidé, Richard Bona, Manu Dibango, ou plus récemment Fally.

Pour aborder le Hip Hop, il faut parler de Alec Lomami, qui a quitté Kinshasa pour les États Unis, ou il fera un peu de prison,et il est maintenant installé au Cap, en Afrique du Sud. Rap en français, et instrus mélangeant pop, électro musique africaine, de lui il faut écouter Kinshasa, le sample de Miriam Makeba Pardon My French, ou encore CLV.

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