NOLA is Calling, connections vaudous chez les Black Indians

N’avez vous donc pas vu les signaux de fumée ? Vous êtes dorénavant ici en terre amérindienne ! A qui la faute ? Au label lyonnais Jarring Effects et à la journaliste Élodie Maillot qui sont partis à La Nouvelle-Orléans, mener un projet des plus singulier, celui de reconnecter l’Afrique et l’Amérique. Kenny Rogers et Lionel Richie peuvent aller se rhabiller, on est ici bien loin de USA for Africa, le stratagème utilisé par les artisans de ce projet intitulé NOLA is Calling, « Sewing Machine Effects » (NOLA étant le sigle de Nouvelle-Orléans, Louisiane), s’apparente plus à une sorte de grande messe vaudou et hip-hop…

Là, il ne fait aucun doute que vous êtes convaincu par l’originalité du projet, et peut-être devriez vous marquer une petite pause, et prendre le temps de bien digérer tout ça, car le reste est encore plus fou !

Élodie Maillot, avec le soutien du label français, nous ouvre les portes d’un monde encore bien peu connu de par nos contrées (quelques soit la contrée d’ailleurs, à moins que vous ne soyez de La Nouvelle-Orléans), celui des Mardi Gras Indians de La Nouvelle-Orléans, une communauté métisse, née de la rencontre entre deux minorités de Louisiane, les noirs venus d’Afrique, vendus comme esclave, puis écrasés par les lois ségrégationnistes, et les tribus amérindiennes natives de ces terres de bayous. Aujourd’hui, les Amérindiens de cette région ne sont plus, ou presque — civilisé et assimilé de force, déporté, annihilé — mais leur héritage continue de flotter au-dessus de La Nouvelle-Orléans, grâce au Black Indians qui, chaque Mardi Gras, se parent de costumes magnifiques, fait de perles et de plumes et défilent fièrement en chantant des hymnes qui convoquent autant les esprits des Indiens d’antan, que ceux des orishas et du vaudou d’Afrique de l’Ouest

On marque une nouvelle pause ? Non ? Sur ?

Mais s’arrêter à un défilé de Mardi Gras à La Nouvelle-Orléans serait un peu facile ! NOLA is Calling va plus loin encore. Pendant près de trois ans Élodie, Maillot et sa clique ont posé les jalons de ce projet, sillonné les rues du downtown de La Nouvelle-Orléans, le quartier français, Tremé, 9th Ward, et pris contact avec les Big Chiefs de gangs de Mardi Gras Indians. Puis, une fois fait, elle a réuni son propre gang dans un studio pendant une semaine. Et qui retrouve-t-on dans ce gang ? Deux Big Chiefs, Big Chief Romeo et Big Chief Jermaine du 79rs Gang, le rappeur HaSizzle King, un pur fruit de la scène queer bounce de Louisiane, le violoncelliste français Olivier Koudouno, Bonaventure Didolanvi, le percussionniste béninois du Tout Puissant Orchestre Poly Rythmo de Cotonou, et le multi-instrumentiste et aventurier moderne David Walters à la production.

Au final, NOLA is Calling prend la forme d’un disque qui ne sonne comme pas grand-chose d’autre, une multitude de strates de sons et de grooves, qui se croisent, se mêlent, convoquent des esprits, et reconnectent l’Afrique et l’Amérique, prenant dans leur sillon quelques particules d’Europe. Un métissage sonore des plus réussi qui appelle le monde entier à le rejoindre sur les bords du Mississippi, à La Nouvelle-Orléans !

NOLA Is Calling “Sewing Machine Effects” :

NOLA Is Calling – “Downtown” :

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