Ambiance d’Hammamet : Yuma et Dendri, Tendre rockstars et rythmes noirs

Alors que le ciel était à l’orage, et qu’au large la noirceur de la nuit était zébrée d’éclairs, un flot de jeunes gens qui ne semblait pas tarir envahissait les gradins de l’amphithéâtre du Centre Culturel de Hammamet. La soirée proposée ce soir-là par les programmateurs du festival incluait deux groupes pourtant forts différents, tout d’abord les Tunisiens de Yuma, un duo folk dont le succès ne cesse de croitre depuis la sortie de leur premier album Chura il y a deux ans. Puis la soirée continuait avec Dendri, un groupe, tunisien lui aussi, qui revisite les rythmes du stambeli, une musique spirituelle des noirs tunisiens.

Yuma, tendres rockstars

Au vu des pantalons et shorts taille haute avec t-shirt imprimé rentré dedans, des minijupes, des cris d’excitations, des centaines de téléphones brandis vers la scène avec Facebook Live activé, il ne faut pas se raconter d’histoire, la grande majorité du public est venu ce soir applaudir le jeune duo tunisien Yuma, qui pour l’occasion a gonflé un peu son traditionnel guitare/voix, en faisant appel à un peu de renfort, avec un batteur, un bassiste et un claviériste.

Et l’on peut dire que la formule fonctionne plutôt bien ! La voix douce de Chupee Do s’élève avec grâce et douceurs dans le tumultueux ciel tunisien, y fait quelques cabrioles avec maitrise, avant de se faire rattraper par le râle grave de sa moitié, le ténébreux barbu répondant au nom de Ramy Z, dont la voix lui donne parfois des faux airs de Nick Cave maghrébin. De plus avec la section rythmique et le clavier, leur son, tout en gardant la tendre mélancolie qui les caractérise, revêt un caractère plus rock qui, noyé dans des nappes de synthé psychédéliques, n’est pas sans rappeler des groupes comme Jefferson Airplane.

Pendant près d’une heure de concert, Yuma a fait la joie de son jeune public, qui a laissé libre-court à son fanatisme, repris à tue-tête les chansons, crié de manière hystérique, et peut-être même pleuré !

 

Dendri, les rythmes noirs du stambeli

Quel plaisir de retrouver sur scène Dendri, un groupe tunisien qui s’est spécialisé dans les rythmes du stambeli, qui est-ce que l’on pourrait, un peu rapidement certes, qualifier de gnawa tunisien, c’est-à-dire la musique des communautés noires tunisiennes, et que nous avions eu la chance de longuement interviewer il y a quelques semaines (cliquez ici !).

Après une longue introduction qui a malheureusement fait fuir une partie du jeune public de Yuma, Dendri a finalement enclenché sa vitesse de croisière, et réussit à plonger le public dans ses circonvolutions rythmiques afro-maghrébines et soufies. De part et d’autre de l’amphithéâtre on a vu des gens se lever, bon, certains pour partir, mais beaucoup pour rejoindre la travée centrale du théâtre pour pouvoir danser.

Après tout le stambeli ce n’est rien d’autre que ça, de la musique curative pour laisser son esprit se perde dans les lancinantes incantations scandées par tout le groupe, et pour laisser à son corps la liberté de se mouvoir au rythme assourdissant des chakchaks. Ainsi on a vu des jeunes filles, en robe synthétique trop moulante et en short en jean, oublier Yuma pour lequel elles étaient pourtant venues, et rentrer dans une danse frénétique. On a vu aussi un homme brandir un drapeau de la Kabylie, une manière d’essayer de reconnecter le peuple tunisien avec une identité berbère ancienne, qui a été gommée par les différents occupants du pays (ottomans, arabes, français…). On a vu un groupe de jeunes gens en transe, danser jusqu’à l’évanouissement, ce qui a entrainé l’intervention discrète des pompiers sous les regards inquiets du staff du festival.

Et si la peur des embouteillages, l’heure tardive, la trop grande différence de public, et les écueils parfois un peu trop techniques de leur musique, a fait que Dendri a fini son show devant des gradins à moitié vide, ils n’en ont pas moins offert une belle soirée à ceux qui sont restés !

 

Yuma et Dendri au Festival de Hammamet :

 

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