Il y a des disques qui ressemblent à des brochures touristiques pour hipsters en manque d’exotisme. Et puis il y a Colapso de Terror/Cactus. Pas de perroquets en plastique ni de coucher de soleil recyclé sur fond de pseudo spiritualité tropicale. Ici, ça transpire, ça grésille, ça remue dans les entrailles. Il y a des synthés bavards, lyriques presque, des grandes nappes apaisantes, et un rythme qui vient vous coller aux tympans et au bassin. Une musique qui avance comme un vieux bus bringuebalant lancé trop vite dans une descente andine, avec les freins qui sifflent et les enceintes qui crachent de la cumbia.
Avec son dernier projet Terror/Cactus, et son disque Colapso, Martín Selasco enjambe l’Amérique du Sud, de son Argentine natale à Miami où il a grandi. Il se nourrit de cumbia en tout genre, avec un goût particulier pour la colombienne, s’abreuve de chicha peruana, se repaît de folk argentin, de dub poisseux, de textures psychédéliques… puis régurgite le tout dans un album dense et jouissif, une espèce de dernière danse avant la coupure générale. Colapso porte bien son nom, tout semble vaciller, mais tout continue de battre.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Selasco travaille les musiques sud-américaines, les malaxe, les électrifie, les salit un peu aussi. “Discoteca Fugitiva” pulse comme une boule à facettes tombée dans une rave clandestine au milieu de Lima en 1987. “Transmisión Clandestina” imagine une radio pirate qui détourne les fréquences pour réveiller les corps anesthésiés par les frontières, les algorithmes et les politiques migratoires. Derrière les guitares psychédéliques et les percussions, il y a cette idée permanente du déplacement. Géographique, culturel, intime.
Terror/Cactus Colapso :
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