Laissez résonner les sirènes comme dans une yard party dancehall. Arrêtez tout. On tient un truc, et on le tient ferme. Un de ces morceaux qui vous prend par la nuque et vous secoue. Alors que le thermomètre s’affole, que le monde part en cacahuète, DESIREE, la Sud-Africaine, fait monter la température de quelques degrés de plus. Elle dévoile un nouveau titre, un « Mahco », sur lequel elle croise la route du rappeur sud-soudanais Emmanuel Jal. Faut le dire vite, « rappeur ». Comme si ça suffisait. Ce mec, c’est un survivant. Gamin-soldat, arraché à la guerre civile, il a ramené sa peau de là-bas. Et depuis, il plaque des mots sur ses cicatrices, et se fait le chantre de la paix.
Alors, ce « Macho ». C’est quoi ? Un groove, d’abord. Un truc qui pulse comme un deuxième cœur, une guitare pincée qui vient d’ailleurs, du ventre de l’Afrique. Puis cette voix. Quatre langues. Kiswahili, Nuer, Arabe, Anglais. Chaque langue est une balafre, un pays, une histoire qu’il a traversée. Oh, ce n’est pas pour la démonstration, ou pour faire joli… mais pour dire une seule chose, la plus vieille du monde. « Beba roho yangu. » Prends mon cœur, emporte-le.
C’est une drague, oui. Le call and response des villages, la façon de courtiser, la conversation entre un DJ et la foule. Mais c’est aussi un acte de paix, sans le dire. Un mec qui a connu l’enfer et qui envoie une sérénade. Pas de pathos, pas de leçon de morale. Juste une évidence. Ça bouge, ça secoue, ça vous prend aux tripes. Désirée, elle, elle tient le tempo, elle maintient la pression, elle pose sa patte afro-house sur cette rage contenue. Elle fait danser le lourd, l’indicible.
On a trop de mots, trop de postures. Là, on a un corps, une histoire, et un rythme qui fait oublier le reste. Peut-être même plus qu’un tube de l’été, non. Un truc plus profond. Un coup de poing amoureux. Alors écoutez. Pas pour comprendre. Pour sentir. Ça suffira.
Desiree & Emmanuel Jal « Macho » :
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