Le jour où tout ira bien il y aura Aâma

Le jour où tout ira bien, voilà l’ambitieuse promesse du dernier album du groupe Aâma ! Rien que ça ! Une promesse peut être un peu ambitieuse au vu des fils d’actualités qui inondent nos écrans… et pourtant…

Oui, peut être que ce jour n’arrivera pas, pas tout de suite, pas encore, même si ce n’est qu’un jour, et pourtant, ce disque met tout en œuvre pour que ce jour ne soit pas celui qui n’arrive jamais. Tout pour que cette idée ne reste pas un slogan suspendu dans le vide. Il travaille cette lumière avec patience, morceau après morceau, comme on entretient une braise dans une clairière traversée par le vent.

Quitte à tordre doucement les codes du jazz ou de la chanson. Quitte même à tordre le cou de la linguistique jusqu’à inventer une nouvelle langue. Car Aâma n’est pas un groupe ordinaire. Il est né de la rencontre entre la chanteuse Emma Prat et le guitariste tchadien Bertrand Maïlar. Deux trajectoires qui avaient toutes les raisons de se croiser.

Emma Prat, chanteuse, voyageuse aussi, elle explore le monde autant que les langues. Elle chante en français, et dans des idiomes glanés au fil des voyages, et quand elle ne trouve pas le mot juste pour soutenir l’émotion… elle invente la langue qui lui correspond. Bertrand Maïlar, lui, porte encore dans son jeu les rythmes et les mélodies du Tchad. Avant de perfectionner sa pratique du jazz en France, il est passé par la Tunisie, où il découvre autant le stambeli que les grandes voix arabes comme Oum Kalthoum ou Fayrouz.

Rapidement rejoints par Xavier Pernet à la batterie, Sami Foukani-Descamps à la contrebasse et Julien Girard au piano, les cinq musiciens prennent le nom de Aâma, un mot arabe qui désigne la chose commune, l’universel, le collectif. Plus qu’un nom, presque un programme dans une époque où chacun transforme son nombril en doctrine philosophique.

Et quel programme.

Le jour où tout ira bien a été construit comme un bourgeon qui éclot. Quelque chose de frais, de printanier, parfois fragile, mais déjà chargé de toute la vigueur de la fleur à venir. Les morceaux avancent comme des lueurs discrètes dans une ville épuisée. “Traverser la nuit”, “Patience”, “L’Oranger” ou “Toutes les fleurs autour” ressemblent à des haltes, des respirations, des prières sans religion précise. Le disque parle d’attente, de résilience, de matins qui réchauffent encore un peu les corps fatigués.

Alors non, peut-être que tout n’ira pas bien aujourd’hui. Peut-être même pas demain. Mais ce qui est certain, c’est que pendant tout le temps que prendra l’écoute de ce premier album, eh bien… ça ira déjà un peu mieux.

Aâma Le jour où tout ira bien :

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