Ladipoe et Maglera Doe Boy secouent le game avec Motho Waka

Allez, soyons francs ! dans ce cirque qu’est le rap africain actuel, où tout le monde se pavane avec de la trap gonflée à l’hélium vocodé et des features opportunistes pour chasser les streams, « Motho Waka » débarque comme un coup de pied au cul bien mérité. Ladipoe, ce lyriciste nigérian signé de longue date chez Mavin Records, et qui n’a plus grand chose à prouver, s’associe à Maglera Doe Boy, le titan gritty de Klerksdorp en Afrique du Sud, pour un track qui sent la moiteur des hoods de Lagos et des townships de Jozi. Pas de paillettes inutiles ici, juste un boom-bap moody produit par Andre Vibez, avec un beat minimaliste qui laisse respirer les melos et les lyrics.

Dès les premières mesures, Maglera Doe Boy pose le ton avec un flow gravelly qui mélange le setswana et l’anglais. « Ke fetsa tsoga Lagos a ke ko Kasi / Ke fetsa ho kadima tosso for Di pachi », que vous pouvez traduire par, je viens de me réveiller à Lagos, loin de mon quartier / J’ai dû emprunter des allumettes pour allumer mon shit. C’est cru, c’est insolent, et ça multiplie les clins d’oeil et les refs, notamment au township funk de DJ Mujava. Puis Ladipoe prend le relais, son flow signature qui virevolte comme un Messi sur le terrain : « No way! No brother / Messi No 10 on the back of jersey / How we win at home and away on the journey ». Il parle de succès qui fait taire les gossips, d’élévation collective, de heavyweight qui bomaye comme Ali. Mais attention, pas de complaisance, il glisse des piques sur l’industrie, sur ceux qui vrillent sous la pression, sur les faux qui se traînent sans substance.

Pour le son, comment dire, il colle à la peau, la basse résonne, la mélodie, entêtante, traine en arrière plan, les percussions ajoutent cette touche punchy, et le tout laisse de l’espace pour que les mots claquent. Pas de surcharge, pas d’auto-tune abusif, ici, c’est du rap pour puristes, pour ceux qui réécoutent pour capter les métaphores cachées, les refs sportives ou spirituelles. Ladipoe domine les verses avec son bagage d’interne en anatomie lyricale, tandis que Maglera apporte ce shift d’énergie sud-africaine, ce grit township qui suite par tous les pors du morceau. C’est pas juste une collab, c’est un statement sur l’unité africaine, sur comment le hip-hop du continent est plus fort quand il regarde en dedans plutôt que de singer l’Occident. C’est aussi un autre regard sur le partage, là où l’afrobeat nigérian a pillé l’amapiano sud-africain, ici, les deux artistes regardent un peu plus loin, et poussent la fusion entre rap nigérian et baccardi house, entre afropop et rap mzansi, entre hip-hop et township funk.

Ladipoe x Maglera Doe Boy « Motho Waka » :

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