Joe Ikon ? Peut-être que certains d’entre vous l’ont déjà découvert sur les réseaux sociaux, grâce à la vidéo de son dernier titre, « Yotentha », qui a bénéficié d’une très belle exposition. Mais ne vous y trompez pas, Joe Ikon – Joseph Chintapasa de son vrai nom – n’est pas né de la dernière pluie. Il agite la scène musicale malawite depuis quelques années déjà, et sa notoriété a pris une toute autre dimension avec le succès retentissant de son titre « Ndafika », sorti en 2024. Un tube qui a confirmé son statut de pilier de la nouvelle génération, et le mouvement, pris d’une fièvre contagieuse, ne va faire que s’accélérer encore !
Car, il faut dire que sa musique possède plusieurs cordes à son arc, quelques tours bien ficelés dans son sac, et plus d’une casquette à porter ! Chanteur et producteur à la fois, le garçon a su se nourrir avec une intelligence rare de toutes les influences qui traversent le Malawi, petit pays, certes, mais qu’il aime beaucoup, comme aurait dit Cesaria Evora. Dans ses compositions, on reconnaît sans peine la présence des musiques traditionnelles malawites, des rythmiques kwela, le tout enveloppé dans une production moderne, résolument tournée vers l’Afrique du Sud. Le kwaito, l’amapiano et ses logs drums caractéristiques, mais aussi le hip-hop, celui du Malawi, bien sûr, mais aussi celui qui vient d’ailleurs, des États-Unis, de l’Angleterre, et du reste du continent. Comment ne pas penser à un artiste comme Baby Daiz, quand on entend le flow percutant qui résonne clairement sur « Yotentha » ?
D’ailleurs, venons-en à ce « Yotentha », véritable ovni sonore et visuel, qui débarque à toute allure sur nos platines et nos écrans. Que dire ? Par où commencer ? Le look de cow-boy full cuir, digne d’un Mangala Camara, la boîte à rythmes qui s’emballe dès l’intro comme un coup de starter kwaito, les sacs de charbon qui s’accumulent un peu partout dans le clip, les grosses log drums amapiano qui font vibrer les basses, les sifflets qui s’infiltrent partout, un gorille qui tient fièrement la piste de danse, et le flow d’Ikon, tantôt rappé avec la morgue d’un Baby Daiz, tantôt chanté avec la mélodie sucrée d’une star du bongo flava… Oui, que dire ? Et même, pourquoi dire ? Alors qu’on peut simplement écouter !
Joe Ikon « Yotentha » :
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