L’artiste hispano-marocaine Hanimami débarque à toute allure, mi-tchoin des années 2000, mi-star de la pop arabe de… bah, des mêmes années. Mais surtout, elle arrive avec un EP qui fait flirter le Maroc avec le reggaeton, et l’Espagne avec l’hyperpop. Son projet Fake Prada ne cherche pas à plaire : il cherche à brûler les frontières, les genres, et les hypocrisies.
Ici, tout se bouscule : des synthés hystériques, des youyous saturés, des ouds distordus, et des beats qui viennent s’écraser contre les hanches comme un camion plein de désirs mal garés. Et puis il y a ce morceau, « Dalai Lama », où la chanteuse fait danser le sacré et le charnel dans la même prière. C’est flou, c’est foutraque, c’est bruyant, et pourtant on s’y sent bien, comme dans une soirée où personne ne sait vraiment pourquoi ça marche, mais ça marche.
Avec Fake Prada, Hanimami transforme le faux en manifeste. Elle tord le bling pour en faire une arme politique, une parabole diasporique où le fake devient foi. Elle ne “représente” pas une identité, elle la recrée, elle la pousse dans ses contradictions les plus charnelles : entre le club et le désert, la foi et le plaisir, le hijab et les paillettes.
C’est une musique qui te fait danser tout en t’obligeant à réfléchir sur ce qu’être vraie veut encore dire en 2025, quand tout le monde filtre sa vie à travers l’écran. Hanimami, elle, ne s’excuse pas, elle célèbre la simulation, le déguisement, le maquillage de soi comme acte de survie et d’émancipation.
Et si Fake Prada est “faux”, c’est peut-être parce que le vrai, lui, a disparu depuis longtemps. Alors danse, prie, et remets du gloss, Hamdoulillah !
Hanimami Fake Prada :
Hanimami « Dalaï Lama » :
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