La bande à Falle Nioke est de retour. Oui, un retour pour de vrai, pas un simple battement d’aile de plus dans l’écosystème des groupes qu’on aperçoit puis qu’on perd de vue. Après nous avoir mis l’eau au bec avec un premier EP fulgurant, après avoir disparu sans prévenir, après nous avoir remis les serres à l’étrier avec un second EP, Backslider, Pigeon reprend son envol et cette fois-ci vise loin. Très loin. Direction “Miami”. Et avec ce nouveau single arrive également une annonce qui pèse lourd, celle de Outtanational, premier album du groupe, attendu en avril prochain chez Memphis Industries. Et là, clairement, on dresse l’oreille, ou en tout cas on tend nos conduits auditifs.
Avec “Miami”, le columbiforme bat des ailes à toute allure jusqu’à faire bouillir la piste de danse. C’est nerveux, euphorisant, presque incontrôlable. Le punk rock anglais y croise les grands grooves de l’afrofunk ouest-africain. Les basses roulent comme une chaleur d’été qui ne veut pas retomber, les guitares crissent juste ce qu’il faut, les batteries claquent, tendues à l’extrême, et nos nerfs avec. Falle Nioke, lui, plane au-dessus de tout ça avec une voix qui oscille entre transe, soul et incantation répétitive. “Miami”, “Miami”, encore et encore, le mot devient mantra, prétexte à la danse, invitation à lâcher prise.
Le clip pousse encore plus loin ce joyeux délire. Pigeon y remplace Miami par Margate, sa ville natale, transformant le Kent en fantasme tropical sous acide. Tournesols géants, piscine toxique, van mutant en mouche XXL, on navigue entre no wave, disco-grunge et rêve d’été anglais qui sent la crème solaire et la bière tiède. Rien n’est sérieux, tout est cohérent. Le soleil se couche sur Margate comme s’il s’agissait de South Beach. Miami, ici, n’est pas un lieu, c’est bien plus que ça, c’est un état d’esprit.
Derrière cette énergie faussement désinvolte, on retrouve un groupe aux racines solides, issu des scènes créatives de Margate et Ramsgate, avec des membres passés par les bancs de Michael Kiwanuka ou de SAULT. Autant dire que le groove n’est pas arrivé par accident. “Miami” agit comme un antidote au marasme ambiant, un morceau qui transpire l’optimisme sans jamais sombrer dans la carte postale.
Pigeon « Miami » :
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