Desouza et son Trench Touch entre bouyon, cloud rap et hyperpop

C’est Abidjan, bébé. Ce sont les îles de la Lune à leur zénith. C’est Babi au bord de la Méditerranée. C’est la cité phocéenne qui se perd dans les lagunes ouest-africaines. C’est Mada, les fleurs et les papillons. C’est un peu tout ça à la fois. Mais c’est surtout un son qui vient du Sud et qui remonte droit vers vos oreilles, en brouillant les frontières tant sonores que géographiques. Ce son, on le doit au rappeur marseillais d’origine comorienne Desouza, qui débarque très fort avec son diptyque Trench Touch, dont le volume 2 vient tout juste de sortir.

Dans cette grande ratatouille du rap marseillais, on croise aussi bien le fantôme d’Arafat… le DJ ivoirien hein?!, que ceux des quartiers Nord, ceux qui sont partis trop tôt. Le son est brutal et festif. On y trouve aussi bien les poisons codéinés du cloud rap que la chaleur survoltée du bouyon antillais. Il y a des clins d’œil aux anciens, ceux de Marseille comme ceux des States. On ressent à la fois la précision clinique du rap et la folie douce de l’hyperpop, qui vient glitcher un peu partout. Avec des titres comme « Ali Back », « Pasta BB », ou « Ciel Pistache Citron », le disque est dense, bavard, enivrant même. Le son est hyperactif, parfois un brin brouillon, mais en fin de compte redoutablement efficace. Non, il n’y a pas à dire, Desouza a réussi son coup et nous a imprimé dans les oreilles sa Trench Touch en deux volumes.

Desouza Trench Touch Vol. 2 :

Desouza Trench Touch Vol. 1 :

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