Il y a cette instru. Un brin répétitive. Qui tourne, qui retourne, qui s’installe dans le crâne. Un écho électronique, hypnotique même. Pas besoin de plus. Pas besoin de fioritures. Et puis il y a ces voix. Qui avancent de concert. Qui slaloment entre soul, rnb, pop afro, et son alté. Sans jamais se marcher dessus. Sans jamais forcer. Ça glisse. Ça respire. Et ce doux tour de force on le doit à l’agréable « Company » de Moffy et Darkua.
Alors voilà. On écoute. On se laisse prendre. Il y a le Ghana d’abord. Ses rythmes. Ses percussions qui cognent juste ce qu’il faut, ni trop, ni pas assez. Il y a de la maîtrise. Une main posée sur le mixing qui ne tremble pas. Et derrière, il y a deux artistes qui montent. Sans bruit. Sans tambour ni trompette. Moffy d’abord. Membre du collectif 99 Phaces. Fier représentant des cultures Ga. Un type qui trempe ses pattes dans le trap autant que dans le hiplife. Pas un poseur. Un vrai.
Darkua ensuite. Nouvelle diva afro soul. Moitié ghanéenne, moitié nigériane. Une voix qui enveloppe sans écraser. Qui rassure sans être mièvre. Et qui gagne du terrain sur la scène ouest-africaine, titre après titre…
Oui, ici, sur Company, on rencontre les talents ghanéens de demain, ils ne sont pas en compétition. Ils dialoguent. Moffy cherche. Il veut établir une connexion. Il a faim. Il a soif. Et Darkua répond. Avec de la chaleur. Avec de l’assurance. Elle recolle les morceaux. Elle dit c’est bon, je suis là. Et ça suffit.
Un doux tour de force. Voilà ce que c’est. Une évidence. Ce truc rare qu’on n’attendait pas et qui s’impose comme une évidence. À écouter en boucle, jusqu’au prochains titres de ses auteurs.
Moffy & Darkua « Company » :
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