Alors là, vous n’êtes pas préparés à ce qui va vous arriver droit dans les oreilles ! Si on vous dit que C6ix est un jeune Ghanéen qui est parti s’installer à 15 ans au Japon, que là-bas il a appris à parler japonais, et que, vivant à côté d’une base militaire américaine, il a été fortement influencé par le hip-hop… déjà, ce n’est pas très commun, vous en conviendrez ! Mais si on ajoute en plus que, fort de cette expérience de vie, C6ix s’est lui-même mis à rapper, et pas seulement en anglais, ni même uniquement en twi ou en pidgin ghanéen, ni même seulement en japonais… non, il utilise un peu toutes ces langues dans ses chansons : le twi, l’anglais, mais surtout un japonais un peu bancal, où son accent ghanéen puissant vient marteler son style aux mots nippons. Ce japonais brisé, eux l’appellent katakoto !
Bon, ça, c’était pour la forme, mais sur le fond, ça donne quoi, le style de C6ix ? Ah bien, ça donne un album comme Okazaki8ban, son dernier-né. Un disque puissant, rugueux, porté par la voix singulière du rappeur ghanéen et son japonais katakoto. Un disque aussi qui profite des productions astucieuses de beatmakers comme Kodru, Tam Yellie, Kae Blacc ou encore CharleyMan, et aussi de feats avec des figures de pointe du rap japonais comme Jinmenusagi, Ace Cool, Bonbero, ou encore BIM & kZm.
Un disque qui emmène le ton ghanéen jusqu’au bout du monde, ou en tout cas jusqu’au bout du Japon, le plonge dans le bain hip-hop local, ramène des influences afro, même amapiano, requalifiées pour l’occasion en japapiano. Oui, ce Okazaki8ban de C6ix est surprenant à bien des égards, et pas seulement à cause du flow katakoto du rappeur ghanéen !
C6ix Okazaki8ban :
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