Afrikan Boy, Mr. Kunta Kinte, le capitalisme, et l’esclavage moderne

Le rappeur anglais d’origine nigériane Afrikan Boy qui si on l’a découvert avec des titres légers comme « Amala Azonto », a pris depuis, quelque temps, un virage social et engagé. L’année dernière, par exemple, il se rendait dans la « jungle » de Calais, vitrine boueuse de la honte française et anglaise, pays qui laissent des milliers d’hommes survivre, et mourir, dans des conditions indécentes (et encore, le mot est faible pour exprimer l’ignominie de cette affaire), pour livrer un concert, réaliser un mini-documentaire et illustrer sa chanson « Border Business » dont le titre exprime de manière claire sa substance (mais vous pouvez bien sûr lire notre article à ce sujet !).

Aujourd’hui, Afrikan Boy continu de dresser le constat d’une industrie musicale et d’une société anglaise, et par extension occidentale, en pleine déliquescence ; guidée par un capitalisme décomplexé, nombreux sont les Européens influents… chef de gouvernements soumis, capitaine d’industrie aveuglé par le bénéfice à court terme, lobbyiste servile, et dans ce cas patrons de maisons de disques avides et peu courageux, qui aimeraient, sentant la fin d’un système juteux s’approcher, s’affranchir des derniers garde-fous édictés par la société, et asservir une bonne fois pour toutes les hommes.

Pour dénoncer ce retour à des valeurs économiques et sociales d’un autre temps, la bienveillance paternaliste en moins, sur son dernier titre, Afrikan Boy fait appel à l’esprit de Mr. Kunta Kinte — un esclave arraché à sa terre mandingue, pour être vendu dans des plantations américaines, et qui toute sa vie a lutté pour essayer de retrouver sa liberté ; il a inspiré le roman Racines de Alex Haley, et les séries TV qui ont suivi — pour conjurer ce fléau de l’avidité humaine.

Et sur « Mr Kunta Kinte », cette nouvelle lutte sociale le rappeur l’incarne malgré tout avec humour, repoussant la tension et la colère dans un beat électronique particulièrement agressif et rapide, rappelant à certains égards la violence du kuduro angolais, ou de certain morceau baile funk brésilien. Tandis que le clip lui suit les pérégrinations d’un jeune artiste dans ce monde moderne et hostile, ne trouvant comme echappatoire à cette usante routine que les danses tribales qui hantent ses rêveries !

 

Afrikan Boy – “Mr. Kunta Kinte” :

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