Lusafrica, les 30 ans d’un label dans le vent

Tout a commencé par une brise, non, un souffle, celui d’une voix, celle de Cesaria Evora qui, un soir, se produisait dans un petit restaurant de Lisbonne, un de ceux qui ont la sympathie des diasporas cap-verdiennes, et qui, aujourd’hui, est devenu presque mythique, et pour cause, le géant derrière le comptoir n’est autre que Bana, restaurateur de nostalgie, producteur roublard, et roi de la morna. Mais ce soir là, dans le public, José Da Silva, un jeune cheminot français pour l’alimentaire, percussionniste cap-verdien pour la passion, est touché par la voix de Cesaria. Il pleure. Se ressaisit, et lui propose de travailler avec lui…

L’année suivante, en 1988, il y a trente ans, Jose Da Silva créé Lusafrica, un label dédié à la lusophonie et à l’Afrique, mais aussi et surtout un label consacré à la diva aux pieds nus. Porté par le succès de Cesaria Evora, le label réussit rapidement à prendre son élan, et intègre de nouvelles signatures. Depuis ses locaux parisiens, Lusafrica canalise la respiration musicale des iles sous le vent, comme celle dans le vent, et s’impose comme l’une des références de l’industrie musicale cap-verdienne.

Puis le label s’ouvre, aux quatre vents, à ceux de l’harmattan, comme du sirroco, aux alizés comme au ponant, conforte son catalogue cap-verdien, Cesaria est rejoint par Luis Morais, Manu Lima, Lura, Nancy Viera, Lucibela, Elida Almeida, Tito Paris, ou encore Jenifer Solidade, et s’ouvre au Gabon dansant de Oliver N’Goma, au Gabon poétique de Pierre Akendengue, craque pour les mélopées mandingues de Sekouba Bambino et le blues de Boubacar Traore, porte la ferveur de la Sierra-Léonaise Sia Tolno, attrape dans son manche à air les envolées de la rumba du Black Bazar congolais d’Alain Mabanckou, soutient la rébellion de l’Angolais Bonga, et file même à Cuba pour exprimer sa solidarité insulaire avec l’Orquesta Aragon, et Polo Montañez… et la liste est encore longue.

Trente années de musique que Lusafrica célèbre avec un disque anniversaire (disponible chez tout bon disquaire, notamment ici), composé de cinq titres d’artistes qui ont fait l’histoire du label : Cesaria Evora, Tito Paris, Boubacar Traoré, Polo Montañez, Bonga, et autant de remix de ces derniers par les talents de la nouvelle génération électronique, citons Bruxas, Mo Laudi, Djeff, Batida, FNX Omar et Cee ElAssaad !

Aujourd’hui, trente ans après, Lusafrica continue d’avoir le vent en poupe, Élodie Da Silva reprend la barre du label, et pousse encore un peu plus loin les frontières de l’aventure en inaugurant il y a quelques semaines, une nouvelle division dédiée aux musiques urbaines, The Garden, dont la première signature n’est autre que le Kenyan Blinky Bill.

 

Boubacar Traoré – M’Badehou (FNX Omar & Cee ElAssaad Remix) :

 

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