L’instant vinyle : 51. “In Memory Of Tekle Tesfazghi” de Selam Seyoum

Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série « L’instant vinyle », cette rubrique dédiée aux pépites du passé, où nous dépoussiérons et partageons avec vous des disques de notre collection. Et pour ce cinquante-et-unième opus, nous quittons le Mali (cf. l’instant vinyle n° 50), pour nous offrir quelques aller-retour entre l’Érythrée et l’Éthiopie, sur les traces du disque In Memory Of Tekle Tesfazghi de Selam Seyoum.

Selam Seyoum Woldemariam, voici un nom qui mérite d’être connu et encensé ; il s’agit d’un des guitaristes les plus importants de la musique moderne d’Éthiopie et d’Érythrée. Né en 54 à Addis Abeba, ce talentueux artiste a grandi à Asmara (capitale de l’actuelle Érythrée), et c’est très vite tourné vers la musique, d’abord religieuse, en suivant les harmonies de la chorale de l’église, puis en s’aventurant dans des registres plus virulents, et plus attractifs pour un jeune éthiopien passionné autant par les mélodies du terroir, que par le rock bouillonnant provenant des quatre coins du monde en ce début des années 70.

Bien qu’ayant intégré les rangs du Black Soul Band, puis du Venus Club, entre 73 et 74, c’est en assurant le remplacement de Andrew Wilson, la guitare lead de l’Ibex, l’orchestre très hétéroclite, et dominé par des étrangers, qui assurait l’animation au Ras Hotel, qu’il marqua un tournant dans son histoire. Au sein de l’Ibex Band, il rencontrera un certain Mahmoud Ahmed, et lorsque les troubles gagneront le pays et contraindront les membres étrangers de l’Ibex à quitter le pays, Selam Seyoum, Mahmoud Ahmed et quelques autres musiciens d’Addis Abeba, recréeront une nouvelle mouture du Ibex Band ; premier enregistrement de cet Ibex Band 2 ? Ere Mela Mela, le LP devenu aujourd’hui mythique avec ses multiples rééditions, dont la plus connue est sa sortie CD, dans la série Ethiopiques.

Mais l’aventure musicale n’est pas chose aisée dans un pays convulsé par les violences d’une guerre civile qui gronde, étranglé par une dictature militaire paranoïaque, et assailli par des attaques en provenance de l’étranger… en 1979, plusieurs membres du groupe quitte le pays, certains vont au Soudan voisin, Mahmoud Ahmed lui prend la direction des États-Unis. Et si c’est achevé ainsi l’aventure d’un groupe qui a régné sur la musique éthiopienne des années 70, Selam Seyoum, resté à Addis Abeba, n’a pas renoncé à la musique, loin de là, avec l’aide des deux derniers membres d’Ibex, Giovanni Rico et Fekadu Andemeskel, il remontera un nouveau groupe, le Roha Band ; là encore le succès est au rendez-vous. Durant toutes les années 80, le groupe dominera, une fois encore, la scène musicale éthiopienne, partant même pour de longues tournées africaine, européenne, asiatique ou américaine ; c’est d’ailleurs durant une tournée en Europe en 1987 qu’une autre légende de l’ethio-jazz viendra prêter main-forte au Roha Band, Mulatu Astatke.

Et si le Roha Band cesse ses activités musicales en 1994, Selam Seyoum Woldemariam continuera, une fois encore, la musique, l’année suivante il sort un disque solo, un long disque d’instrumentaux planants, en hommage à Tekle Tesfazghi, ancien percussionniste du Roha Band. Avec plus de 250 albums enregistrés, celui que l’on appelle légende vivante de la musique érythréenne sur la cote, et Jimi Hendrix éthiopien sur les plateaux, est aujourd’hui installé aux USA, où il partage sa science de la guitare, et des gammes éthiopiennes, en tant que consultant, et remonte également sur scène, notamment entre 2009 et 2011, où il a accompagné une tournée mondiale de légendes de la musique érythréenne.

 

Selam Seyoum – “In Memory Of Tekle Tesfazghi” :

Tracklist :
1. Tsibuk Zigebr
2. Mistirawi Debdabe
3. Nbaat Temeghibe
4. Kokobey Kokobki
5. Ningerom Nisdrana
6. Fikrey Telemeni
7.  Kemdilayey
8. Kewakhbti
9. Shewit Hidmona

 

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