Grèn Sémé sème sa poésie dans la Poussière, avec Gaël Faye

Tout juste transplanté dans le jardin merveilleux de Lusafrica, à savoir le tout jeune label The Garden, le groupe Grèn Sémé commence à faire des siennes en annonçant la sortie prochaine d’un EP, Poussière, fort prometteur. Car si dans ses correspondances, Voltaire disait que le tonnerre faisait des siennes en attendant le canon, ici, cet EP est le son du canon qui prend la température de l’air en attendant l’orage poétique d’un nouvel album, en bonne et due forme !

Sur cet avant-goût, poussiéreux, mais au combien délicieux, le groupe emmené par Michael Beaulieu, Bruno Cadet et Carlo De Sacco, et depuis peu rejoint par Germain Lebot à la batterie et aux percussions, et Rémi Cazal aux synthétiseurs et à la programmation, nous emmène dans un voyage du côté de l’Afrique du Sud et de l’océan Indien. Sur un tissage où s’entremêlent les fils vibrants du séga, du maloya, et du salegy malgache, Gren Sémé étend des synthés dans des ambiances infinies, et jongle avec les mots et les émotions.

De « Je serais là », longue course aux accents rock qui mène un futur papa au moment, celui de l’amour inconditionnel, à la touchante révolte créole de « Zénés » qui noie la mélancolie dans l’ivresse des rythmes et dissimule la colère grandissante dans le remous des roulèrs, ce Poussière est un sans faute, ponctuée même par une rencontre, qu’on serait tenté de qualifier de Hors Sol, pour faire un clin d’œil au premier disque de Grèn Sémé, mais qui en réalité est plutôt hors norme, et de haut vol !

Cette rencontre, sur le titre qui donne son nom à l’EP, « Poussière », c’est celle entre deux mondes, deux poésies, celle des insulaires, des créoles, de Grène Sémé, et celle du métis, du déraciné, celle d’un rwandais devenu parisien, d’un français du Burundi, celle de Gaël Faye, dont la diction singulière vient se perdre dans les roulements du maloya, se fait happer par la progression synthétique et urbaine du titre, plane dans les envolées mandingues d’une Fatim qui s’invite au coté d’une kora… avant de se faire remixer par un David Walters, infatigable DJ et musiciens antillais, qui à peine la tête sortie de NOLA, vient délivrer une nouvelle lecture de cette « Poussière » poétique.

Laissez vous prendre par ce vent de Poussière créole, ci-dessous avec un premier clip du titre éponyme, et le 8 novembre chez The Garden. On peut même ajouter pour nos lecteurs français et réunionnais que le groupe a encore quelques dates de tournée sur leur île fétiche, avant de prendre les routes en métropole où ils délivreront une série de concerts.

Grène Sémé ft. Gaël Faye – “Poussière” :

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