Ambiance d’Hammamet : Omar el Ouaer et contre tous

Une ambiance particulière encore ce soir au Festival d’Hammamet, avec une soirée essentiellement tunisienne divisée en deux parties. La première était assurée par un Éventails déjà fort éventé, du nom du spectacle de la jeune chanteuse Aida Niati : pas de voix, un violoniste absolument amateur, des chansonnettes en tunisien, en arabe ou en turc, plus adapté à un spectacle de rue gentillet qu’à la scène de Hammamet… une grosse erreur de casting.

Mais passons, car, heureusement pour nous, la seconde partie était elle nettement plus intéressante ! Omar El Ouaer, un des pilliers de la scène jazz tunisienne, membre actif du Jazz Club de Tunis, présentait son nouveau projet, « Amber », secondé par des musiciens de choix : citons le très talentueux Yacine Boulares au saxophone, Hédi Fahem et ses envolées de guitare très smooth, une section rythmique parisienne sans faille menée de main de maitre par le français Jean Baptiste Pinet et le Vénézuélien Fabricio-Nicolas Garcia, et la charmante Yasmine Azaiez qui est venue enrober le show de sa présence rose bonbon, et de quelques vocalises bien calées et de touches de violon.

Ce qu’Omar El Ouaer a saisi dans l’ambre c’est un jazz tourbillonnant, technique et incisif, vous savez du genre de celui qui vous mène dans un dédale de notes jetées à toute volée, qui vous assène des passes rythmiques toutes cymbales dehors, à vous en donner le vertige, et puis il y a la contrebasse qui monte et qui descend à vive allure, et puis il y a le saxophone qui crie, et puis le piano martelé, et puis la guitare, et puis, et puis, il y a cette accalmie, cette belle accalmie, le piano qui résonne dans le silence de la nuit (bon, là… on reviendra sur la qualité et le silence du public un peu plus tard), seule et beau, puis la voix féminine et pure qui vient le doubler… et puis ça repart de plus belle, le sax, le piano, la batterie, la contrebasse, la guitare… le jazz !

Un spectacle d’une grande qualité, mais malheureusement exécuté devant un public… pas forcément concerné, disons-le comme ça. Et c’est là un des principaux problèmes de ce festival ! Vu que, au lieu de se bagarrer pour vendre des places, au lieu d’aller faire la promotion du festival, au lieu de cibler leurs public, au lieu d’aller flyer à droite à gauche, au lieu d’investir la rue comme le net, leurs équipes de communication préfèrent rester sous la clim’ à coller scolairement des logos de sponsors sur les photos des prestations (quitte à les rendre inexploitables pour quiconque), eh bien ils vendent peu de tickets. Et pour éviter d’avoir un amphithéâtre vide, ils invitent beaucoup, et on se retrouve avec un public qui vient au spectacle comme un moustique qui voit une lumière, qui bourdonne et bavarde fort, très fort, et beaucoup, sans grand respect pour les musiciens ni pour les spectateurs intéressés. Et, quand ils sont repus de leur divertissement gratuit, ils se lèvent en nuée et quittent le lieu en pleine représentation. Et l’on se retrouve avec ce triste spectacle d’une salle qui se vide de plus de 60 %, 70 % même de son public, de quoi décontenancer les musiciens !

Dans tous les cas bravos aux musiciens, à Omar El Ouaer et sa clique pour ce beau et vertigineux moment de jazz ! Et si l’on peut avoir un dernier mot à l’égard de la direction du festival… les gars, ne faites pas comme votre équipe nationale, n’attendez pas la fin du match pour faire des changements, et sortir ceux qui sont là pour la kératine !

Omar el Ouaer – Amber :

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