Wilhelmina ensorcelle le club avec Book of Spells

Esthétique tout droit tirée d’un compte MySpace des années 2000, et des beats qui vous tapent le bas-ventre avec force… voilà comment on pourrait très brièvement résumer le Book of Spells de l’artiste philippino-américain Wilhelmina. Mais comme il ne faut pas juger un livre à sa couverture, et encore moins quand il s’agit d’un grimoire sonore, on a plongé plus loin dans cette lecture occulte. Et franchement, la magie qu’on y a trouvée a été douce à nos oreilles !

Des basses qui vous soulèvent littéralement, qui pulsent, des claviers qui tranchent net comme une lame rituelle, et surtout une tension… maiiiis une tension ! Une de celles qui vous font oublier si vous êtes dans la cave moite d’un club du New Jersey ou en plein rituel philippin sous l’emprise d’une Mangkukulam qui a trop bu de lambanog. En tout cas, une chose est sûre, en écoutant ce Book of Spells, vous ne risquez pas de croiser un Batibat, un démon féminin ancien et obèse, réputé pour causer la paralysie du sommeil et la mort. Non, ici, c’est l’inverse, le corps se réveille, il bouge avant même que le cerveau ait capté le sortilège.

Wilhelmina a affûté ses beats comme des dagues et les propulse dans un écrin qui mélange jersey club et techno sans complexe ni honte. On sent l’héritage filipino qui suinte de partout, pas le folklore touristique, non, le vrai, celui des humeurs telluriques, des rituels anciens et de cette énergie brute qui refuse de se laisser domestiquer. « Divine Hand » ouvre le bal avec des vocals aériens sur un rythme de jersey club qui vous verrouille direct dans le groove, sexy et sombre à souhait. « Forbidden Movement » balance des drums organiques, des breaks vicieux et une basse qui throbe sans pitié. « Booty Hypnosis » ? C’est cinq minutes de transe pure où vous n’avez plus le choix : vous succombez ou vous succombez. Introspection vous ramène vers l’intérieur avec des shakers qui chatouillent et une note de piano solitaire qui vous laisse coincé dans une émotion indéfinissable – le genre qui gratte sans que vous sachiez pourquoi. Et la fermeture, « Kinulam Ng Sayaw », avec son rythme swung qui tire et repousse votre corps pendant qu’une voix venue d’ailleurs vous ordonne de danser. Sáyaw en bisaya, et là, vous dansez.

Ces tracks envoutantes lancent des sorts qui agissent d’abord sur le bassin, le cerveau suit après. L’artwork signé Kosmos.Khaos couvre le tikbalang d’or ! Si vous voulez quelque chose qui vous remue les tripes en invoquant des énergies oubliées, Book of Spells est là.

Wilhelmina Book of Spells :

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