Il y a des pirates qui volent de l’or, d’autres qui détournent des cargos. Elninodiablo, lui, trafique les fréquences et détourne les dancefloors. Son itinéraire a tout du roman d’aventure : ado à Chypre, il bidouillait déjà les ondes FM pour balancer du son illégalement ; exilé à Londres, il a trouvé refuge dans l’underground queer ; et aujourd’hui, installé à Berlin, il continue de voguer sous pavillon noir — un pavillon pirate qui vire à l’arc-en-ciel et au tropical !
Avec The Downey Groove, le producteur chypriote livre son disque le plus débridé, le plus intime aussi. Huit morceaux conçus loin du tumulte, planqué dans les montagnes de son île natale, avec pour seules armes un laptop, un casque et un enregistreur de terrain. Le résultat ? Un cocktail sonore où le dub se love dans des nappes psychédéliques, où la disco et l’Italo s’invitent avec insolence, et où la basse sert de boussole, toujours prête à faire chavirer les corps. Difficile de ne pas succomber à la sensualité moite de “Purple Hypnotic”, au groove narquois de “Rodeotheque”, ou à la transe chamanique de “The Soul Monad”. Ici, même la techno la plus rectiligne finit toujours par dérailler en un pas de côté bien senti, surchargé de basses overdubbées.
Mais réduire The Downey Groove à un simple album de club serait une erreur. C’est un disque qui respire la libération, qui transforme la danse en rituel, et les basses en massage pour l’âme. Un disque qui a la gueule d’un after à 10 heures du matin, quand les corps se tiennent encore debout mais que les esprits flottent déjà ailleurs. Normal : pour Eldiablonino, la musique n’est pas qu’un son, c’est un exorcisme, une manière de secouer les tensions accumulées et de les rendre dans le système sous forme de plaisir brut.
En clair, The Downey Groove est un album pirate. Pas parce qu’il vole quelque chose, mais parce qu’il navigue en marge, refuse les routes commerciales, et se fout royalement des cartes officielles. À bord, les hanches s’entrechoquent, les genres explosent, et la nuit s’allonge.
Elninodiablo – The Downey Groove :
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