Selassié, du Ghana à Berlin, la traversée d’un enfant du futur

Il a un nom qui semble tout droit sorti d’un vinyle de roots reggae, un blaze chargé de promesses mystiques, Selassié. Mais oubliez les dreadlocks et les citations de Haïlé, ce gars-là préfère les boîtes à rythmes aux rastas, et les clubs berlinois aux sound systems d’Accra. Né au Ghana, exilé volontaire à Berlin, il enchaîne les pirouettes musicales comme un funambule sous acide. Un jour il partage la scène avec andhim et Noah Becker, à coups de house futuriste et de basses, se laissant ballotter par là rigueur électronique comme une algue dans la houle. Le lendemain, il s’immerge dans un projet hip-hop éthéré avec Glowry Boyz et Anthony Wills, où les rimes flottent comme des rêves sous morphine.

Et puis il y a eu Future Retro Kid, cet album-ovni sorti des limbes, un truc qui hante encore les oreilles des curieux. Une œuvre aux allures de collage psychédélique, où les booms et les baps se cognent contre des carillons soul noyés dans la reverb. Des voix planent, d’autres murmurent, certaines se perdent… et au milieu, celle de Selassié, mi-rappeur, mi-poète, toujours suspendue entre la rigueur du beat et la grâce du spoken word.

Lui dit que cet album, c’est l’histoire d’un gosse qui sort de l’ombre, d’un père qui réapprend à sourire en regardant sa fille. On y sent la fragilité de l’enfant et la sagesse du survivant. Selassié compose comme on peint, avec des taches, des erreurs, des débordements. Il ne cherche pas la perfection, il cherche la vérité, celle des émotions tordues, des fêlures qui chantent.

Dans un monde où tout doit rentrer dans des cases, lui préfère en dessiner de nouvelles, multicolores, un peu bancales, pleines de vie. Selassié, c’est le hip-hop des grands écarts, le spoken word sous stroboscope, la tendresse dans la distorsion.

Selassié Retro Future Kid :

Glowry Boyz, Selassié, Anthony Wills Free Fall :

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