Le chanteur, trompettiste et compositeur sud-africain Mandisi Dyantyis est de retour avec une détonation de jazz à côté de laquelle il ne faut pas passer. Son nouvel album, Intlambululo: Ukuhlambulula, porte bien son nom : un bain spirituel, un acte de purification, un cri de l’âme qui traverse le gospel, le jazz et la mémoire xhosa avec une ferveur presque biblique.
Mais attention, pas de jazz à la chandelle ou de gospel propret ici — Mandisi n’est pas du genre à caresser l’auditeur dans le sens du saxophone. Il préfère la tempête. Celle qui nettoie, qui secoue, qui fait du bruit dans les tréfonds de la conscience. Cet album, c’est un exorcisme doux-amer, une messe pour trompette et chœurs, un dialogue entre la foi et le doute, entre le silence et la révolte.
S’il fallait oser la comparaison (et il ne faut pas forcément le faire), Dyantyis se situe quelque part entre Nduduzo Makhathini et Kamasi Washington : le premier pour la subtilité mystique, le second pour la puissance orchestrale. Il fusionne les deux dans une vision qui ne cherche pas à plaire, mais à purifier.
Enregistré dans une atmosphère live, Intlambululo résonne comme une prière prononcée entre deux battements de cœur. Les cuivres pleurent, la basse console, les chœurs portent le feu, et la voix de Mandisi tranche dans la brume comme une épée de lumière.
Sorti avec un concert complet au Theatre of Marcellus à Johannesburg, l’album s’annonce comme la troisième étoile d’une trilogie spirituelle entamée avec Somandla (2018) et Cwaka (2021). Trois disques comme trois étapes d’une même confession : la foi, le silence, puis la purification.
Et si la musique de Dyantyis semble parler de religion, elle parle surtout de résistance intérieure, d’un art sud-africain qui refuse la tiédeur, qui célèbre la vulnérabilité et la grandeur dans un même souffle.
Alors, oui, Intlambululo: Ukuhlambulula est une détonation. Une lumière qui éclaire sans chercher à séduire. Et Mandisi, lui, reste ce qu’il est : un passeur de feu, un prêcheur sans dogme, un homme qui transforme le souffle en salut.
Mandisi Dyantyis Intlambululo: Ukuhlambulula :
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