Leïla Koumiya sort sa lame avec un premier EP sacrément affûté

Peut-être que vous ne connaissez pas son nom… mais c’est sûr que vous l’avez déjà entendu ! La DJ et productrice franco-marocaine Leïla Jiqqir a.k.a. Leïla Koumiya, n’est autre que l’ex-moitié du duo Taxi Kebab ! Et elle vient de nous ouvrir un peu plus grand les portes de son univers avec Koumiya, son premier EP solo qui vient de sortir chez les Marseillais de Gros:Œuvre Records (à qui l’on doit aussi la compil Wings Over Wires).

Et ce qu’on peut dire… c’est que ce Koumiya est sacrément affûté ! Bon, mis à part le mauvais jeu de mot avec koumiya qui est un poignard traditionnel marocain… quel bordel que ce nouvel EP ! Si on pouvait parfois reprocher quelques proximités un peu orientalistes à Taxi Kebab, ici l’artiste marocaine soulève un tourbillon sombre et radicalement à propos. Derrière les beats qui vont vite, qui emportent avec eux la darbouka et les synthés, on sent toute la tension, la hargne qui habite l’artiste. Les saccades se font rafales, les rythmes se bousculent d’un bord à l’autre de la Méditerranée. Trap, batteries et basses soulèvent le cœur, tandis que le buzuq trafiqué indique la marche à suivre, les mots se pressent, sautent de l’anglais au darija, l’arabe côtoie le français, le footwork va taquiner Cheb Khaled, l’émotion se perd dans une brume de dub…

Écoutez, on ne va pas vous mentir, ça pique, ça coupe, ça ne fait pas de quartier. Leïla Koumiya ne vient pas vous caresser dans le sens du poil avec une world music gentillette. Non. Elle vous plante la lame droit dans les côtes et tourne. Ex-fondatrice de Taxi Kebab, résidente chez Radio Flouka, organisatrice de soirées à Nancy, elle passe en solo et elle ne fait pas semblant. Six tracks qui parlent d’identité fracturée, d’absence, de résistance individuelle et collective, de cicatrices. Sa voix n’est plus juste un chant, c’est une arme de production, elle la tord, la glitch, la noie dans le dub, la fait claquer comme un fouet.

Le nom Koumiya, c’est le poignard amazigh : arme, bijou, objet transmis de père en fils. Chez elle, c’est l’héritage brisé qu’on reprend, qu’on répare, qu’on brandit. Pas de filtre, pas de complaisance, juste une lame bien affûtée. Streamez, dansez, énervez-vous, pleurez un coup. Leïla vient de planter son drapeau sur votre platine !

Koumiya – Koumiya :

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