À peine les premières secondes de « Na Na Benz » de James BKS s’élèvent, que, déjà, les vocodeurs, les chants évanescents, cette ambiance suspendue qui flotte en plein entre spleen et vertige, nous renvoient directement à la période bénie — et dépressive — où Kanye West lâchait son 808s & Heartbreak. Puis arrivent les roulements de batterie. Et, soudain, l’Afrique déboule, inflexible, brillante, souveraine, dans le rugissement des moteurs de Mercedes de ces femmes d’affaires qui tenaient serrés les cordons de l’économie informelle à Lomé, et dans tant de pays du continent. Les fameuses Na Na Benz. Celles qui donnaient un prix au wax, une trajectoire à la mode, une colonne vertébrale à la prospérité. Celles qui donnent aujourd’hui leur nom à ce morceau.
James BKS, encore une fois, joue les architectes du futur en brassant racines et tendances avec une assurance qui frôle l’insolence. Sa drill n’est pas londonienne : elle est panafricaine. Son bikutsi n’est pas de ceux qu’on trouve dans des anthologies poussiéreuses, il est vivant, nerveux, incisif. Les deux fusionnent comme si les genres s’étaient secrètement parlé depuis des décennies. La percussion mord. La basse assène. Les guitares piquent l’amusement. Les voix s’élèvent comme des mantras. On entend la négociation des marchés, la fermeté des décisions, le pas sûr de celles qui savent que leur réussite est un pied de nez à l’Histoire.
Et puis il y a le clip. Ce passage télévisuel d’antan, tourné comme une apparition sur une chaîne désuète. Une idée qui évoque évidemment, pour les plus attentifs, les expérimentations visuels de Baloji dans « Soleil de Volt » ; même chaleur, même grain, même volonté d’inscrire le présent dans un passé qu’on ne veut plus effacer.
James BKS « Na Na Benz » :
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