Ceux qui connaissent Bamako savent. Ils ont leurs adresses secrètes, leurs petits maquis où l’on va quand la nuit tombe. Une porte discrète, une arrière-cour mal éclairée, des serveuses qui slaloment entre les tables avec des Castel plein les bras, une tante accroupie qui grille des brochettes maigres sur un brasero, la fumée qui commence a empiété sur la scène improvisée, où le groupe, au milieux des larsens et des parasites, commence à brancher ses guitares sur des amplis tropicalisés. Ceux qui savent… savent. Pour les autres, le label Sahel Sound est là, et il s’apprête à sortir une petite bombe : Enregistrement Live No Limit Bamako de Mohamed Doumbia.
Ne vous laissez surtout pas avoir par la pochette qui sent le vieux vinyle jauni des années 70. Ce n’est pas une réédition poussiéreuse sortie d’un carton oublié. C’est du neuf. Enregistré hier, pressé sur vinyle aujourd’hui ; un vinyl qui pourrait rejoindre votre collection si vous vous bougez le cul pour commander avant que ça disparaisse, l’édition est limitée !
Parce que Mohamed Doumbia, c’est le genre de nom qui commence à faie bouger tout Bamako. Guitariste qui sait de quoi il parle, ex-Orchestre Badema, il ne se contente pas de caresser la tradition mandingue comme un vieux chat ronronnant. Il la tord, il la fait hurler, il la laisse respirer. Ce live, c’est un de ses concerts hebdomadaires au No Limit, là-bas du côté du Village Can, de Faladié. Ce sont des sets qui démarrent après minuit et s’étirent jusqu’à ce que les amplis demandent grâce. Public plutôt mature, pas de selfies, pas de stories. Juste des gens qui viennent pour la transe, pour la musique.
Et cette musique ? Un retour direct dans le grand bain des orchestres ouest-africains fin 60-début 70, cette époque où le Mali balançait de la soul psychédélique avec des cuivres qui cognent et des guitares qui partent en vrille. Sauf que là, c’est le 21ème siècle, et ça sonne toujours aussi vivant. Voix assurée de Doumbia qui porte les classiques et les épopées traditionnelles sans trembler, solos fuzz nostalgiques, percussions qui vous chopent le bassin. Adama Dramé à la guitare qui envoie du lourd sur « Nama », Baba Coulibaly qui fait monter la sauce, et l’ensemble qui groove comme si le temps n’avait jamais existé.
Bref, si vous cherchez le Mali d’hier qui refuse de crever, c’est ici. Pas dans les compilations vintage bien propres sur elles. Dans une arrière-cour enfumée de Bamako, aujourd’hui, avec un type qui s’appelle Mohamed Doumbia et qui n’a pas envie que ça s’arrête.
Mohamed Doumbia – Enregistrement Live No Limit Bamako :
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