Émouvant et sobre, Tinariwen passe le flambeau sur Hoggar

Au fil des années – et on parle de presque 45 ans quand même – Tinariwen n’est plus un simple combo de guitares électriques et de révolte. C’est devenu un repère planté dans le sable, un tuteur qui a vu passer les fusils des années 80, les exils, les luttes pour l’Azawad, et qui aujourd’hui joue un rôle bien plus vaste, celui d’être à la croisée des chemins, et des générations, d’être un genre de grande veillée saharienne où les gamins rencontrent les anciens, où se croisent les dernières infos, et les poésies millénaires. Une grande veillée où l’on s’assoie autours du feu, où l’on participe aux chœurs, avant de regarder les nobles pics du Hoggar se dessiner dans le lever du soleil.

Et justement, le dernier album de Tinariwen, qui vient de paraitre, porte le nom de ces montagnes érodées, symbole de permanence dans un désert malmené. L’album est sobre et émouvant. Pas de production gonflée, pas de synthés pour faire moderne. Des guitares acoustiques, des prises de son live, des claquements de mains et des voix qui se répondent comme autour d’un feu de camp. C’est le vrai assouf, ce blues touareg qui raconte la nostalgie d’un foyer qu’on ne retrouve plus.

Pour ce disque Tinariwen est retourné à Tamanrasset, en Algérie, dans le studio de leurs cousins d’Imarhan. Là, les trois fondateurs – Ibrahim Ag Alhabib, Abdallah Ag Alhousseyni et Liya Ag Ablil de retour après 25 ans – ont écrit avec des jeunes touaregs. Résultat : onze titres où les générations se parlent, où des voix féminines (trop rares encore) apportent une chaleur nouvelle, et où même le chanteur argentino-suédois José González ou et la chanteuse soudanaise Sulafa Elyas s’invitent sans jamais voler la vedette. C’est propre, c’est juste, c’est efficace.

Et les paroles ? Elles disent le Sahara d’aujourd’hui. Les pâturages qui reculent à cause du réchauffement climatique, le terrorisme, les guerres interminables, les forces étrangères, jusqu’au groupe Wagner qui vient pourrir le nord du Mali. Tinariwen reste le passeur, porteur de la mémoire politique des années 80, mais aussi de l’espoir que la jeunesse reprenne le flambeau. Hoggar n’est pas juste un album. C’est un acte. Et franchement, dans le paysage musical et politique actuel, ça fait du bien…

Tinariwen Hoggar :

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