On prend les mêmes et on recommence… enfin… pas de la même manière. Le DJ et producteur français Simo Cell retrouve son acolyte égyptien Abdullah Miniawy sur Dying Is The Internet, un nouvel album qui vient taquiner par la racine l’hyperpop.
Hola, on entend déjà la levée de boucliers. Comment ose-t-on comparer des âmes anciennes de la musique électronique et de la poésie à une bande de gamins qui font de la musique dans leur chambre en fantasmant sur les années 2000 ? Eh bien c’est qu’à l’écoute de ce disque on se retrouve à baigner dans des eaux métisses qui remuent aux rythmes de l’IDM, de la techno, de la dub, du jazz, et d’un brin de mahraganat. On se retrouve pris au piège entre deux glitchs, face à une culture pixelisée et assumée, et il y a Miniawy, Miniawy qui embrasse l’autotune comme un chanteur de raï du début des années 2000.
Donc, peut-être qu’on exagère un peu en parlant d’hyperpop pour parler de ce disque qui pourtant affiche sa culture internet dès son titre – ou en tout cas qui aborde la mort de la culture internet des débuts, l’espace de liberté devenant un écosystème marchand plus qu’autre chose – mais on ne délire pas totalement pour autant. Il y a dans cette mélancolie de l’avant, dans cet irrespect des codes et des structures musicales conventionnelles, quelque chose d’hyperpop… ou en tout cas d’hyper cool.
Simo Cell continue de tordre les rythmes avec cette basse qui démonte tout et ces productions qui pourrait embraser le dancefloors à tout moment. Miniawy balance sa poésie arabe avec une aisance déconcertante, tantôt auto-tuné langoureux, tantôt aboyé, tantôt susurré comme une lame. Le tout reste club, lourd, physique, mais sans jamais mâcher le travail. Pas de reels de quinze secondes ici. L’album prend son temps, désoriente, puis balance un hook quand on s’y attend le moins. « Reels in 360 », « Travelling In BCC », « Living Emojis », « Pixelated »… chaque track est un petit piège à neurones.
Bref, Dying Is The Internet n’est pas juste un disque de plus dans la scène leftfield. C’est une réflexion acide sur la fatigue digitale, sur la perte d’âme d’internet, sur cette révolution qui couve peut-être quelque part entre deux algorithmes. Et pourtant ça reste dansant, vicieux, et étrangement jouissif. Si on cherche du propre et du confortable, on passe son chemin. Si on veut qu’on nous secoue le cerveau et les côtes en même temps, on est dans le bain.
Simo Cell & Abdullah Miniawy Dying Is the Internet :
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