Comment pourrait-on ne pas l’aimer ? Et pourtant, c’est bien là l’injonction qu’il nous lance avec son dernier titre, “Don’t Love Me”. Lui, c’est Omah Lay. Et il faut être d’une froideur clinique pour ne pas tomber sous le charme du jeune chanteur nigérian. Même si son physique vous laisse de marbre, comment résister à cette voix de velours, magnétique, presque trop douce pour être honnête ?
Mais derrière les apparats, derrière la surface lisse de l’eau, quelque chose de plus grave remue. Et c’est précisément là que se niche le sens de ce “Don’t Love Me”.
Dans toute l’œuvre d’Omah Lay, il y a une mélancolie sourde plane, comme une brume qui ne se dissipe jamais vraiment. Ici, elle devient confession. Il avoue ne plus ressentir grand-chose. L’argent n’anesthésie plus. Les substances ne frappent plus. Les relations superficielles s’enchaînent, mécaniques, sans profondeur. Tout est là pour éviter la chute intérieure, pour contourner l’abysse plutôt que de l’affronter. “I don’t feel nothing… I don’t feel like I am alive.”, le constat est brut, presque désarmant.
Le morceau explore cette peur de l’intimité, cette manière de saboter toute possibilité d’attachement avant même qu’elle ne naisse. Il paie les verres, les ongles, les excès… mais refuse l’amour. “Don’t love me, seriously, don’t love me.”, c’est moins une posture qu’un aveu d’impuissance. Une barrière dressée à la hâte pour empêcher quiconque de voir les fissures.
Et pourtant, sur la forme, tout est impeccablement exécuté. La production de Tempoe est moody, atmosphérique, d’une élégance presque toxique. Une instru qui ondule doucement, qui installe une mélodie vénéneuse, tardive, nocturne. On se fait happer sans même s’en rendre compte. La voix fragile d’Omah Lay glisse sur le beat avec cette nonchalance étudiée qui a fait sa signature depuis “You” et “Bad Influence”.
Oui, le sujet est grave. Oui, il parle d’anesthésie émotionnelle, d’errance, d’auto-sabotage. Mais la réalisation est redoutable d’efficacité. Il a beau nous dire de ne pas l’aimer, de garder nos distances, de ne pas tomber, nous, on tombe quand même. Parce que derrière l’injonction, il y a un appel. Derrière le “Don’t Love Me”, il y a peut-être surtout un “Comprends-moi”.
Omah Lay « Don’t Love Me » :
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