Zuko de Fireboy DML, l’art de transformer l’insulte en incendie

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ZUKO !, cinquième opus de Fireboy DML, appartient à une catégorie rare de disque, ceux de la mue ! Non content d’être un disque, il constitue une réinvention totale, celle d’un artiste qui a choisi de danser avec ses démons plutôt que de les fuir.

L’histoire mérite d’être contée. Zuko, n’était au départ qu’un sobriquet moqueur, lancé par des fans adversaires sur les réseaux sociaux. Là où d’autres auraient crié au scandale, Fireboy a saisi l’os pour en faire un talisman. Il y a dans cette démarche une élégance rare : celle de celles et ceux qui savent que la critique est souvent le miroir inversé de sa propre grandeur. Le surnom est devenu personnage, le personnage est devenu ère musicale. Pied de nez magistral.

Sorti ce 16 octobre 2026 sous les labels YBNL Nation et EMPIRE, ce projet de treize titres assume une dualité fascinante. Il s’ouvre sur « DEAR FATHER », où Judah Earl accompagne une prière dont l’écriture a profondément bouleversé l’artiste. Puis le ton change, l’incendie s’allume. « BY FIRE ! » convoque David, Élie, Samson, les archanges Michel et Uriel – toute une armée céleste – avant que « CLAAT ! » ne fasse entrer le Jamaïcain Masicka dans la danse. Ce dernier apporte son patois sans perdre une once de nuance, et l’échange entre afrobeats et dancehall sonne comme une évidence enfin matérialisée.

L’album respire aussi vers le sud du continent. Sur « IMALI », JAZZWRLD et Thukuthela scandent le mot zoulou pour l’argent, tandis que Fireboy confie, dans un anglais d’une sincérité désarmante, ne plus se souvenir de sa dernière sobriété. La quête du gain y devient sa propre mise à mort. C’est drôle, c’est grave, c’est juste.

Car ZUKO ! est peut-être le projet le plus personnel de Fireboy DML. Il y parle de conscience de soi, de lâcher-prise, de la nécessité de protéger son intimité, quitte à laisser poindre une colère nouvelle. Lojay l’accompagne sur « GODDESS », mais c’est seul qu’il livre les moments les plus révélateurs. « KILOWI » et ses supplications amoureuses, « MIMI NAWE » et sa peur du vide, « FIGHTING » et son aveu d’un combat qui ne finit jamais.

Il y a sept ans, Fireboy sortait Laughter, Tears and Goosebumps sans un seul invité. Aujourd’hui, sa liste de collaborateurs traverse trois pays. Certains y verront une dilution. D’autres, plus lucides, y entendront la preuve d’un artiste qui a déjà démontré qu’il pouvait porter un disque seul, et qui désormais veut frotter son feu à d’autres braises.

ZUKO ! est un incendie maîtrisé. Et paradoxalement, c’est peut-être son projet le plus universel.

Fireboy DML ZUKO ! :

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Pays : Nigeria
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