Highlife haute couture avec Be a Lover du Jembaa Groove

Be a Lover, le nouvel EP de Jembaa Groove, arrive comme une lame douce dans le bruit du monde. Quatre titres, un label, Agogo Records, et une géographie qui ne triche pas, Berlin, Lagos, Londres, Amsterdam. Le duo Eric Owusu et Yannick Nolting, réduit à ses deux fondateurs après avoir été sept, ouvre grand la porte à une constellation d’invités. Le geste n’a rien d’un caprice. Il a la précision d’un artisan qui sait que le highlife ne se raconte pas seulement avec des cuivres, mais avec des corps, des mémoires et des distances.

Le Jembaa Groove réussit à convoquer l’esprit du highlife, celui des origines, celui qui a égrené les indépendances, puis les années 70, celui qui a pris un virage contemporain dans les années 80, et à y joindre une qualité de production des plus récentes, du genre de celles qui savent arrondir les angles, mettre d’aplomb les potards. Alors forcément on se laisse aller, on ondule le long des rythmes ghanéens, on se perd dans les circonvolutions des guitares, on se laisse attraper par la qualité des guests… Faut dire que question guests, Eric Owusu et Yannick Nolting ne se sont pas moqués de nous sur ce Be a Lover. Outre The Cavemen, groupe de highlife nigérian, qui accompagne la déambulation amoureuse sur presque chacun des quatre titres de cet EP, le Jembaa Groove a convoqué ici le chanteur de soul Azekel, mais aussi une des voix les plus intéressantes du son afro made in naija, Tim Lyre, et, pour finir, la voix touchante, mythique même, de la chanteuse malienne Fatoumata Diawara.

Le disque s’ouvre sur « No Pain No Gain », seule pièce sans The Cavemen, produite par Yannick Nolting. Azekel y dépose un chant R&B lisse sur des synthés qui visent les astres, des cuivres qui montent sans forcer, des percussions organiques. On y parle de persévérance et d’expérience immigrée, sans pathos. Puis vient « Be A Lover », avec Tim Lyre, refrain simple, « be a lover, not a fighter », percussion syncopée, groove des années 70/80 poli par des guitares et des synthés neufs. La fraîcheur est là.

« Obi » donne le centre aux Cavemen. Kingsley Okorie, baryton fatigué, mène un highlife mélancolique, et Benjamin James perce l’élégance de ses falsettos stridents. « Waka » referme le disque avec Eric Owusu et Fatoumata Diawara, plongés dans un contraste entre la fragilité des mots et la puissance rauque de la tessiture, le tout rehaussé par les exclamations de Benjamin. Un EP de haute tenue, à la fois classique et actuel.

Jembaa Groove Be a Lover :

Si vous avez apprécié le contenu de cet article sur « Be a Lover », le dernier EP du Jembaa Groove, n’hésitez pas à visiter, et à nous suivre sur nos réseaux et a y réagir, et pourquoi pas même nous encourager d’une petite mention « j’aime ».

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.