Avec Barokan, Djely Tapa propulse les traditions mandingues dans le futur

Si avec sa série de bandes dessinées L’Arabe du Futur, l’auteur français Riad Sattouf prenait appui sur son enfance passée entre la Libye et la Syrie pour propulser son arabe vers le futur, l’on peut dire que musicalement, la chanteuse malienne Djely Tapa, Sountougoumba Diarra de son vrai nom, fait la même chose, en s’appuyant sur la riche, très riche culture musicale malienne, pour propulser un Mandingue dans le futur, avec une grande causerie, celle de son dernier album, Barokan , ou plutôt disons sur la nouvelle version remastérisée et augmentée, de son album Barokan .

D’ailleurs, tout avec ce Barokan est un grand aller-retour entre un passé parfois un peu mythique, des récit de grandes princesses peules, comme avec le titre phare « Barokan » qui retrace l’épopée de Hawa, princesse peule du Bororo, dressé comme une figure d’un afroféminisme puissant qui inonde une bonne partie du disque., ou encore « Home » dédié à Saran Kouyaté la sœur de sa grand-mère maternelle – tiens, en fait, est-ce qu’on vous a parlé de la famille de Djely Tapa ? Sa mère n’est autre que la grande chanteuse Kandia Kouyaté ! Mais reprenons, avec Barokan , Djely Tapa nous prend dans un aller-retour entre ce passé mandingue qui, tant qu’il sera entretenu par le travail des griots, sera éternel, et cette vision afrofuturiste et métisse, où les scansions immémorielles, en bambara, en malinké, ou en khassonké, s’ombrent d’effets, de reverb, et autre autotune, calibrés avec soin par l’arrangeur du disque, le producteur montréalais d’origine tchadienne Caleb Rimtobaye.

Coincé entre le rewind et le fast forward, pour utiliser un langage cher aux amateurs de lecteurs de K7, le mandingue du futur de Djely Tapa n’est donc pas tellement plus différent de celui du passé, c’est juste que maintenant il laisse un peu de place entre la kora et le ngoni, à une guitare blues, à un synthé qui regarde vers le ciel, à un discours féministe indispensable dans les récits contemporains, et à quelques incartades du côté de la nu-soul, du pachangon afro-colombien (au moins sur le titre du même nom), et, bien sûr, de la musique électronique !

Djely Tapa – Barokan :

Djely Tapa – “Pachagon” :

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