Avec Shilha Vol. 2, Ouella met une claque amazigh à la bass music

Vous vous souvenez de la claque que le producteur marocain Ouella nous avait assénée à la fin de l’année dernière avec la sortie de son très court et très percutant EP, Shilha ? Une promenade entre Taroudant et Ouarzazate, en faisant la course avec des drums et des basses lancées à vive allure. Une plongée autant dans la tradition amazighe du sud du pays que dans le plus acide des bains de bass music… Ouais, vous vous rappelez maintenant ! Eh bien… Ouella a remis le couvert avec Shilha Vol. 2 !

Si le premier volume était sorti sur le label cairote MOSHTRAQ, ici, Ouella revient à la maison en choisissant le label casablancais raghoul pour accueillir cette sortie. Mais sur le fond, pas de grand changement. Dès le premier morceau, « Tiniri », désert en amazigh, on plonge les oreilles en avant dans les remous d’une musique qui fraye avec le breakbeat et la drum’n’bass. On jongle entre une voix sortie tout droit des plaines du Souss et des synthés acides qui peinent à dissimuler le lourd fantôme d’un guembri venu taquiner les lignes de basse du morceau. Le disque se poursuit avec un « Iced Coffee » qui va vite, très vite, et qui embarque avec lui le flow du rappeur égyptien El Nashmy. Et pour finir comme on a commencé, Ouella clôture cet EP encore très court avec un remix encore plus violent du « Tiniri » d’ouverture, signé par le producteur marocain P3ry.

Shilha Vol. 2 prolonge une histoire entamée avec le premier volume, sans jamais se contenter d’un simple exercice de style. C’est une célébration de l’identité amazighe qui regarde vers l’avant, des polyrythmies mis au goût du jour, et d’une nouvelle forme de musique électronique qui s’éloigne de l’occident. Et si le format reste court, l’impact, lui, est une nouvelle fois intense.

Ouella Shilha Vol. 2 :

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