Take One, aux racines du chimurenga avec l’Hallelujah Chicken Run Band

On retrouve le label Analog Africa à la manœuvre de ce Take One de l’Hallelujah Chicken Run Band qui nous emmène dans un petit coin du passé de l’Afrique Australe, en Rhodésie, là où, dans les années 70, s’apprête à naître deux choses, essentielles l’une pour l’autre, le chimurenga et le Zimbabwe !

Durant les années 70, alors que la Rhodésie était déchirée par les injustices entre riche et pauvre, entre propriétaires et ouvriers, captifs même serait-on tenté de dire, entre riches et pauvres, entre le descendant du colon et le descendant du colonisé, et, il faut le dire entre blancs et noirs, il y a un souffle d’émancipation et de lutte qui s’est saisi des habitants… les habitants de la deuxième catégorie (dans tous les sens du terme). Ce souffle libertaire et rebelle a conduit à la naissance du Zimbabwe libre et indépendant, et à la bande-son qui a accompagné cette libération, le chimurenga, qui d’ailleurs veut dire lutte en shona.

L’histoire du Hallelujah Chicken Run Band commence en 1972, avec une petite formation montée par le trompettiste Daram Karanga, pour divertir les employés de la mine de cuivre de la petite ville de Mhangura. Oui, un début modeste, mais avec un line-up qui faisait frémir, car il pouvait compter sur la présence du guitariste Joshua Hlomayi, un des premiers a avoir chercher à imiter le mbira, le fameux piano à doigts zimbabwéens, avec sa guitare (mais nous y reviendrons), et qui, au chant, s’appuyait sur la puissance d’un certain Thomas Mapfumo, qui deviendra quelques années plus tard un trésor national, et l’une des plus grandes légendes de la musique africaine !

Mais si leur mélange de rumba et d’afro-rock, à la mode alors, remporta quelques succès chez les cadres blancs de la mine… les ouvriers, noirs, eux ne fut que guère emballé… Et puis, il y a eu le déclic, ce déclic qui fait qu’aujourd’hui le Zimbabwe existe, et que nous parlons aujourd’hui de ce disque. Les musiciens du Hallelujah Chicken Run Band ont revu leurs arrangements, ils ont plongé leur afro-rock dans la sauce traditionnelle, et sont remonté à la source de l’identité zimbabwéenne. Ils ont commencé à inclure des chansons shona à leur répertoire, à faire jouer leurs guitares comme le mbira, avec ce tournoiement répétitif irrésistible ! Et là… carton plein, le HCR, non pas celui des réfugiés, on parle toujours du groupe zimbabwéen, s’est envolé vers des sommets, ou en tout cas vers la capitale, et le reste des années 70 sera, pour eux, couronné de succès.

Et c’est justement cette période du groupe, entre 1974 et 1979 que nous invite à revivre Analog Africa avec ce Take One qui compile différents succès du HCR de cette période (et encore d’actualité aujourd’hui, tiens écoutez le titre « Kare  Nanhasi », ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Un parfum d’hiver indien qui flotte quelque part chez le rappeur belgo-congolais Baloji ?), mais aussi quelques raretés éparpillées çà et là sur le disque. Un disque qui est sorti chez Analog Africa en 2006, mais qui ce 11 décembre prochain se verra édité en vinyl, la première fois que ces titres retrouveront la surface noire et silloneuse depuis… oh oui, depuis au moins les années 70 ! Alors, prêt, feu, précommandez !

Hallelujah Chicken Run Band – Take One :

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