Nigeria : Bref Descriptif

Capitale : Abuja
Hymne : Arise, O compatriots, Nigeria’s call obey
Langues officielles : Anglais, Igbo, Haoussa, Yoruba
Chef d’état : Goodluck Jonathan (Président depuis2010)


Comme beaucoup des colonies anglophones d’Afrique, la musique de la première partie du XXeme siècles est marquées par la rencontre des rythmes traditionnels locaux (Haoussas, Ibo, et Yorubas) et la musique importé par les anciens esclaves libérés et revenu des Amériques ou des Caraïbes. Donc jusqu’en 1950 on écoute un mélange de palmwine music, influencé par le highlife ghanéens, la musique cubaine, américaine ou encore hawaïenne, et les prémisses de la Juju Music.

Dans les années 60, une autre grande vague de musique en provenance du Congo-Zaire, submerge le Nigeria, la rumba ; qui se métisse avec le highlife local sans problème, le principal représentant du genre sera Prince Nico Mbarga dont vous avez forcement déjà écouté Aki Special ou l’énorme tube Sweet Mother.

La Juju Music qui existe a son stade primaire depuis les années 20, est réellement popularisé dans les années 70, par Chief I.K Dairo, puis par King Sunny Ade, en live pour KEXP ou avec le jeune rappeur Wizkid. Vous pouvez également écouter des artistes comme Shina Peters, ou un des pionniers du genre Chief Ebenezer Obey.

Les années 70, c’est la dictature militaire, la guerre du Biafra, qui vient de faire 1 à 2 millions de morts ; on en parle plus du tout en France, puisque on a soutenu et armé les rebelles biafrais, ce qui a entrainé une prolongation de la guerre de 30 mois et indirectement imputable à la France, la mort de, selon les estimations, 200 000 à 1 millions de personnes ; mais c’est aussi l’époque du boom pétrolier, de l’afflux considérable de capitaux et de sociétés étrangères, et donc de l’apparition de la corruption massive, de l’extrême pauvreté….

C’est dans ce contexte qu’arrive Fela Kuti et son afrobeat, “la musique comme arme culturelle et politique”. Enfant d’une famille d’activiste bourgeois, il va étudier la musique à Londres, ou il forme son premier groupe, les Koola Lobitos, avec lesquels il joue du highlife-jazz. C’est de retour à Lagos, en 66, qu’il va s’imprégner de Juju Music, rencontrer l’artiste Sierra Leonais Geraldo Pino, et puis créer l’afrobeat, du funk africanisé à l’extrême. Puis au cours d’un voyage au Etat Unis, il rencontre les idées de Malcom X et des Black Panthers ; là à son retour à Lagos, il crée le groupe Africa 70, commence le bras de fer avec le pouvoir militaire, décide de chanter en pidgin, l’argot anglais, afin d’être compris par le plus grand nombre, se convertit à l’animisme, fonde la Kalakuta Republic, sa résidence dressé comme une forteresse où il vit avec tous ses musiciens. De là il crée des tubes comme Shakara, No agreement ou encore Zombie qui fut repris comme hymne de la révolte de la jeunesse ghanéenne. Le combat contre les autorités passe par un bon nombre de passage en prison, de séance de torture, la mise à sac de sa résidence qui aboutira à la défenestration de sa mère ; chacun de ses événements sera traduit en musique Expensive Shit, ou il raconte un passage à tabac, Sorrow, Tears and Blood pour la mort de sa mère ou encore Unknown Soldier. En 1978 il fait forte impression en Europe pendant son concert à Berlin, décide de créer son parti politique le M.O.P, Movement Of the People, et de se présenter au élections présidentielles. Vu le contexte tendu plusieurs musiciens lui font défection, il se met au clavier et fonde Egypt 80. Il poursuit sa lutte dénonçant le scandale financier entre le FMI et le Nigeria, fais encore plusieurs séjour en prison, jusqu’à sa mort du Sida en 97.

Héritier ou compagnon de route de Fela, vous pouvez écouter le batteur Tony Allen, ami de Fela et percussionniste dans son premier groupe les Koola Lobitos ; son fils Seun Kuti qui a repris la tête de Egypt 80, et qui multiplie les featuring, avec le ghanéen Blitz The Ambassador, le rappeur américain M1 ou encore la nigériane Nneka ; son autre fils Femi Kuti ; la chanteuse et styliste Wunmi ; ou encore le groupe Ghetto Blaster, maintenant basé à Paris.

Proposant une fusion d’afrobeat, juju, highlife, jazz, rock, le chanteur et saxophoniste Lagbaja (qui veut dire en yoruba, personne en particulier) il porte une cagoule pour représenter l’anonymat de ceux qui n’ont pas de visage, de ceux qui n’ont pas de voix. Écoutez le théâtral Knock! Knock! Knock!, Sobolation, le scolaire Bling Bling Panda ou encore, et probablement une de ses meilleurs chansons, Never Far Away.

Pour ouvrir maintenant une page plus moderne, on peut commencer par le groupe de hip hop/dark wave, constitué de nigérians et de Libériens, Young Father, écoute Get Up, I Heard ou encore Low en live dans le show TV américain de Jimmy Kimmel.
Puis continuer par une vague de chanteuse de naija-pop comme
Omawumi avec le très soul If You Ask Me, elle s’est faites remarquer dans le show TV Idols West Africa (même franchise que Nouvelle Star en France) ; la puissante Waje que vous pouvez voir en piano-voix dans une Ndani Session ou sur la scène du Coke Studio ; Temi Dollface qui est elle aussi passé au Coke Studio en compagnie de l’ougandaise Lilian Mbabazi ; la star Tiwa Savage avec son sample de Ini Kamoze Wanted (qui a aussi été samplé par Damian Marley sur Welcome To Jamrock ; bien sur Yemi Alade qui cartonne en ce moment ; et aussi les plus occidentales Nneka et Asa.
Pour les hommes on peu parler de 2Face Idibia le chanteur de
African Queen ou encore de Rainbow avec l’americain T-Pain ; dans un registre ragga/dancehall, écoutez Burna Boy et son sample de Angelique Kidjo, Wombolombo ; le rappeur Afrikan Boy et son dernier Dear Mama ; et pour rester dans les Boy, les humoristes Naija Boyz, qui parodient les tubes américains de Miley Cyrus, Beyoncé ou encore Chris Brown ;  et en vrac quelques autres superstars Flavour, qui d’ailleurs prône le retour au naturel avec Black Is Beautiful, mais aussi P-Square, J.Martins, ou encore D’Banj et son duo avec Fally.

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