L’instant vinyle : 13. “Ndangariro” de Thomas Mapfumo

Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série « L’instant vinyle », cette rubrique dédiée aux pépites du passé, où nous dépoussiérons et partageons avec vous des disques de notre collection. Et pour ce treizième opus, nous quittons le Congo (cf. l’instant vinyle n° 12), pour nous diriger vers le Zimbabwe, et nous intéresser aux rythmes du Chimurenga, avec une référence en la matière, Thomas Mapfumo, et son disque Ndangariro.

Une référence en matière de Chimurenga… c’est le moins qu’on puisse dire lorsqu’on parle de Thomas Mapfumo, c’est lui qui a créé ce mouvement musical, à la fin des années 70, en adaptant la musique des Shonas, et le jeu traditionnel du mbira (un petit piano à pouce, dont on trouve des variantes sur tout le continent africain, le likembe au Congo, la sanza au Cameroun…), à la guitare. Quand au nom de Chimurenga, il signifie « lutte » en Shona, et arrive dans un contexte qui n’est pas apaisé, dans un Zimbabwe, qui porte encore le nom que lui donne les blancs, alors au pouvoir, la Rhodésie. Thomas Mapfumo est un artiste engagé, le simple fait de chanter et de réhabiliter la culture shona, est déjà un acte militant, face au gouvernement qui souhaiterait gommer la culture traditionnelle ; un engagement qui lui vaudra la prison en 1979, mais sous la pression populaire le gouvernement blanc cède et le libère 3 mois plus tard ; et encore quelques mois plus tard, en 1980, c’est la Rhodésie qui cède, le gouvernement est renversé, et les mouvements nationalistes noirs prennent le pouvoir. Un grand concert de célébration de l’indépendance fraichement acquise est organisé, Thomas Mapfumo y partagera la vedette avec Bob Marley. Mais, la liesse ne sera que de courte durée, les convictions de Mapfumo étant ce qu’elles sont, il ne pouvait décemment pas les mettre de coté, et se contenter de chanter des chansons d’amour, ou les louanges du partie au pouvoir. Et, ses critiques du régime d’un certain Robert Mugabe, commenceront à agacer en haut lieu, et en 1989, après la sortie de son album Corruption, il est contraint de prendre le chemin de l’exil.

Le disque dont nous parlons aujourd’hui, Ndangariro, est sorti en 1983, on y retrouve Thomas Mapfumo, et sa voix si caractéristique, lente et grave, entouré de son groupe les Black Unlimited. Si le rythme de la batterie imprime un groove certain aux morceaux de ce disque, les guitares, elles, créent une délicieuse ambiance répétitive, qui vous plongeront dans un état proche de la transe !!

 

Thomas Mapfumo – Ndangariro :

Tracklist:
1. Nyarara mukadzi wangu
2. Temerina
3. Handina mwana anozochema
4. Nyoka Musango
5. Kambiri kaenda
6. Emma

 

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