Labelle : Orchestre-Univers et maloya atmosphérique

C’est un incroyable et improbable disque que Labelle, Jérémy Labelle vient de sortir chez InFiné. Orchestre-Univers, un titre et deux mots qui à eux seuls résument plutôt bien le troisième opus de cet artiste réunionnais au parcours plutôt singulier.

Né en France, à Rennes, d’une mère métropolitaine et d’un père réunionnais, Jérémy Labelle grandi entouré des disques de ses parents, ceux de Jean Michel Jarre que sa mère affectionne, comme ceux de séga et de maloya qui bercent la nostalgie des rivages de l’Océan Indien qui ont vu naitre son père. Et puis il y a la techno, celle de Detroit, qui tape dure et juste, loin des fantaisies hollandaises, et des guettaïsme des années 2000, celle de Jeff Mills et Juan Atkins.

Des arcanes électroniques de la techno des pionniers, au maloya de son père, en passant par les ambiances planantes de sa mère, c’est tout ce melting pot de sons qu’on retrouve dans la musique de Labelle. Quand le musicien rennais a tracé les grands contours de sa musique, il s’est tout de suite passionné pour le maloya, cette musique traditionnelle de la Réunion qui n’est aujourd’hui plus à présenter. Plus que les chants de contestation, Labelle y a descellé et exploité un côté transcendantal, le même qui pousse des milliers de raveurs à se coller à des enceintes aux quatre coins du monde, que ce soit à l’orée de forêts françaises, dans des festivals hongrois, dans des déserts d’Afrique du Nord, ou dans la jungle ougandaise.

Sur ses deux premiers albums, Labelle a peaufiné cette electro maloya, qui reconnecte le Tampon à la Motor City, explorant des voies encore vierges entre sons organiques et synthétiques. Mais venons-en au fait, et à cet Orchestre-Univers qui nous amène à vous parler de Labelle aujourd’hui !

Sur ce troisième disque, Labelle s’est fait prêter, si l’on peut dire, le prestigieux Orchestre Régional de La Réunion pour le seconder dans son expérimentation maloyesque. Et le résultat est particulièrement plaisant, le disque, qu’il ne serait peut-être pas idiot de comparer à la fabuleuse interprétation malienne du « In C » de Terry Riley, nous attrape à un bout, pour nous en recracher à l’autre bout, un peu hébété, et très clairement grandi ! On s’y laisse absorber par le fracas des percussions, on se fait bousculer par les embardées des violoncelles, on plane sur les crêtes des synthés… du chaos bouillonnant de parties technos qui ne cachent pas leur gout pour l’analogique, à des plongées raffinées dans un ciel indien océanique (d’autant plus indien, que certains titres du disque sont ponctués par la guitare de Prakash Sontakke), le disque dévoile de multiples strates d’un maloya tant mystique que cosmique, qui nous réserve d’intenses moments de beauté et de musique !

Labelle – Orchestre-Univers :

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