KERKENNAH 01 : Festival International de photographie et d’arts visuels

D’ici quelques jours, du 21 au 27 juin pour être précis, s’ouvrira à Kerkennah, la première édition d’un très prometteur festival dédié à la photographie, la vidéo, et les arts numériques, en Tunisie.

Mais avant d’aller plus loin, il faudrait peut-être dire un mot sur cet archipel de Kerkennah, qui tient en Tunisie une place particulière. Il est rare de croiser un Tunisien qui ne tarirait pas d’éloges sur Kerkennah, ou qui ne venterait pas le fameux couscous au poulpe, et la manière très particulière de pécher ces céphalopodes, héritée des Romains. Car oui, il faut le dire, Kerkennah, avant de peut-être marquer les arts contemporains, a marqué l’histoire. Lieu de passage important dans la méditerranée, qui a vu naitre l’un des fondateurs de la Tunisie moderne, Farhat Hached, autant qu’elle a accueilli l’antique Hannibal en exil après sa défaite contre les Romains. Mais c’est aussi un territoire qui connait aujourd’hui de sérieuses difficultés socio-économiques, au-delà du trouble que traverse en ce moment toute la Tunisie (probablement dû à la médiocrité de ses responsables politiques), l’archipel est soumis à la montée des eaux qui menace son existence même, et à la salinisation de ses terres. De plus, elle a été récemment le théâtre d’un drame maritime, quand un bateau transportant de malheureux candidats à l’immigration illégale a coulé, faisant presque une centaine de morts.

C’est dans ce contexte à la fois beau et complexe qu’intervient ce festival, qui prend des allures de bulles d’oxygène tant artistique qu’économique pour Kerkennah. Très bien conçu, le festival s’intègre parfaitement dans le paysage culturel et social de l’ile, avec, outre le noyau principal de l’événement qui s’axe autour d’expositions, de workshop, de rencontres, et de concerts, des dizaines d’activités et animations qui impliquent les associations et entreprises locales.

Les Expostions : Les expositions de photos s’articulent en cinq volets, chacun dirigé par un commissaire d’expositions. Ainsi vous pourrez voir les œuvres des Algériens du Collectif 220, et de Bruno Hadjih, ou encore celle des Français Philippe Chancel et Nicolas Moulin, dans Occupy The Desert de Jeanne Mercier. Of Traps and Tropes, de John Fleetwood lui mettra en lumière le travail de ses compatriotes sud-africains Simon Gush et Matt Kay, mais aussi celle de l’Indienne Meghna Singh, et de la Tunisienne Héla Ammar. La fondatrice du site Another Africa, Missla Libsekal, invite elle le Ghanéen Francis Nii Obodai, et le malgache Pierrot Men, dans une collection intitulée On Betweeness. Respectivement dans Fata Morgana et Ré-Création, Valentine Busquet et Hejer Chelbi mettront en avant des artistes venant de Turquie, de France, du Maroc, d’Italie, ou de Tunisie. Cette dernière n’est d’ailleurs pas en reste, car la galerie Ghaya de Sidi Bou Said s’invite sur l’île avec quelque huit artistes tunisiens.

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Débats, Rencontres, et workshop : Place des artistes tunisiens sur la scène artistique mondiale ? Quelles politiques culturelles pour la Tunisie ? Comment s’entraider entre artistes ? Quels rôles pour les bailleurs de fonds étrangers ? Autant de questions qui seront soulevées lors de conférences et de débats pendant ce festival, de plus une journée de rencontre entre artistes et professionnels de la culture se déroulera sous forme de Speed Dating. Le Goethe-Institut sera aussi partie prenante du projet, avec l’organisation d’un workshop animé par Maurice Weiss, photographe de la célèbre agence allemande Ostkreuz, et la diffusion de plusieurs films documentaires autour de la photographie.

Concerts : Et pour satisfaire tous les gouts, et tous les sens, une petite série de concerts aura également lieu, avec des invités comme le groupe d’afrobeat franco-béninois Monkuti, le duo électronique franco-tunisien Dhamma, l’américaine DJ Tabu et ses sets éclectiques, la captivante Badiaa Bouhrizi, ou encore les DJ tunisiens Aff Andy et TAH’, et plein d’autres encore.

Animations : Et comme l’on vous le dites un peu plus haut, vous pourrez profiter aussi de tout un tas d’animations en tout genre allant d’une visite des iles de l’archipel en barques, à une soirée autour des transes extatiques de la hadhra, de projections de courts-métrages tunisiens, à une nuit des étoiles sur l’antique fort de Kerkennah, le Borj Lahsar.

Le festival international de photographie et d’arts visuels KERKENNAH 01 s’annonce donc sous les meilleurs auspices. On espère qu’il sera aussi durable, et qu’il saura à l’instar de ses grands frères musicaux de Hammamet ou de Carthage faire date, et s’installer comme un nouveau rendez-vous incontournable du monde de l’art tunisien.

Pour plus de détails sur la programmation, nous vous invitons à visiter le site internet de KERKENNAH 01, et à prendre votre passeport pour l’ile ; car à l’occasion de ce festival ilien, l’archipel se dote de billets sous forme d’un passeport artistique provisoire, mais, rassurez-vous, Kerkennah n’est pas Lampedusa, aucun visa ne vous sera demandé à l’arrivée du bateau !

 

 

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