L’instant vinyle : 54. “Kubva Kure” des Khiama Boys

Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série « L’instant vinyle », cette rubrique dédiée aux pépites du passé, où nous dépoussiérons et partageons avec vous des disques de notre collection. Et pour ce cinquante-quatrième opus, nous quittons le Ghana (cf. l’instant vinyle n° 53), pour nous rendre au Zimbabwe, et découvrir le disque Kubva Kure des Khiama Boys.

Le sungura, quel formidable style musical né au début des années 80 au Zimbawe ! À la croisée de trois Afrique (Centrale, Est et Australe), le genre arrive à saisir, dans un cocktail sonore survitaminé, le sel de la musique de la cote est-africaine, tout en faisant valser les guitares du soukouss congolais au rythme bondissant des basses d’Afrique australe !

Et dans ce registre les Khiama Boys ont excellé… vraiment excellé ! Né au milieu des années 80, et juste successeur des Sungura Boys, groupe pionnier dans cet art rythmé et métis, les Khiama Boys ont rapidement séduits le public zimbabwéen, en se démarquant de certains autres de leurs concurrents de l’époque (qui avaient plutôt tendance à se conduire comme de simple cover band), en modernisant les répertoires traditionnels à grand coup de guitares, et en alliant la sagesse de la direction de vétérans du Sungura, comme System Tazvida, ou Nicholas Zacharia, à la fraicheur de jeunes talents, aujourd’hui devenus star, à l’image du bassiste Alick Macheso.

Ce son bouillonnant de vitalité, parcourue en long et en large par les échanges fruités entre les trois guitaristes du groupe, vous pouvez le découvrir sur notre album du jour, Kubva Kure, un album sorti en 89/90, et qui au-delà de proposer une musique virtuose et enjouée, offre une vraie réflexion sur la situation d’un État fraichement indépendant, qui doit se trouver un lien nouveau, autre que celui de la lutte contre l’oppresseur d’hier. La chanson « Kubva Kure », qui donne son nom à l’album (et que l’on pourrait traduire par « Venir de loin ») s’interroge sur l’ethnicisation du pays, la marginalisation de ces secondes, ou troisièmes générations issues des migrations malawites ou zambiennes, et qui sont toujours considérés comme étranger ; d’ailleurs la pochette de cet album montre Nicholas Zacharia, et Alick Macheso, tout deux issus de famille chichewa originaire du Malawi, assis sur les rails symbolisant ce voyage de leurs ancêtres.

 

Khiama Boys – Kubva Kure :

Tracklist :
1. Grace
2. Mukoma Ngito
3. Shoko Rangu
4. Kubva Kure
5. Mwana Waamai Wangu
6. Varume Woye
7. Hanzvadzi Yangu
8. Amalume

 

Si vous avez apprécié le contenu de cet article sur Kubva Kure des Khiama Boys, notre instant vinyle de la semaine, n’hésitez pas à visiter notre page facebook et a y réagir, et pourquoi pas même nous encourager d’une petite mention « j’aime ».

 

1 réflexion au sujet de “L’instant vinyle : 54. “Kubva Kure” des Khiama Boys

Laisser un commentaire