L’instant Vinyl : 91. Guinée An XI, le rendez-vous annuel des grands

Bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série « L’instant vinyl », cette rubrique dédiée aux pépites du passé, où nous dépoussiérons et partageons avec vous des disques qui ont marqué l’histoire de la musique. Et pour ce quatre-vingt onzième opus, nous quittons le Zimbabwe (cf. l’instant vinyle n° 90), pour nous rendre en Guinée, et y découvrir le disque Guinée An XI, le rendez-vous annuel des grands.

À une époque lointaine, quand la Guinée, certes dirigée d’une main de fer par Sekou Touré, prenait encore soin de ses artistes, et plaçait la culture à la pointe de son rayonnement international, le pouvoir avait pris l’habitude de célébrer comme il se doit, et en musique, l’anniversaire de l’indépendance de ce jeune pays en mobilisant toutes les grandes formations, et orchestres du pays.

Et, c’est ainsi qu’a vu le jour, en 1970, chez la célèbre Régie nationale Syliphone, le disque qui nous intéresse aujourd’hui, Guinée An XI, le rendez-vous annuel des grands. Au sorti du premier Festival Panafricain d’Alger, où s’est produit la crème de la scène musicale guinéenne, au côté de stars internationales telles que Miriam Makeba, Manu Dibango, les éditions Syliphone ont édité, puis réédité une fois encore, sur ce Guinée An XI, le meilleur des trois plus grandes formations guinéennes de l’époque : Keletigui et ses Tambourinis, Balla et ses Balladins, et l’incontournable Bembeya Jazz !

Sur sept titres, dont vous trouverez le détail tel qu’apparaissant sur le revers de la pochette de l’album, s’enchainent les chansons d’amour aux sonorités afro-cubaines, les épopées mandingues, et les hymnes à la gloire de la jeune Guinée. Ce disque culte de la musique guinéenne des années 60-70 est désormais disponible grâce au label Syllart Records qui continue de le diffuser.

Guinée An XI, le rendez-vous annuel des grands :

Tracklist :

FACE A :
1. Bembeya Jazz « Alalake » :
Vieil hymne de Casamance exécuté autrefois sur Cora (cithare à 21 cordes) dans la cour des monarques. « Le destin des grands guerriers est de se sacrifier pour son peuple ; c’est Dieu qui le veut, ce Dieu peuple » dit en substance la chanson. Ici, la guitare jouée à l’hawaïenne par Sékou Diabate Bembeya (photo de la pochette) tient admirablement la place de la cora.
2. Balla et ses Balladins « Limania » : Chanson composée par Mamy Kouyate en l’honneur de la femme guinéenne qui s’est vaillamment battue pour l’indépendance et la formation de sa Nation. « Que ce soit sous la pluie, sous le soleil accablant, au parlement ou dans les usines, la femme de Guinée s’est révélée une militante fervente ». Jamais chanson populaire n’aura été aussi bien orchestrée !
3. Kélétigui et ses Tambourinis « Toubaka » : Toubaka fut l’un des plus grands chansonniers d’Afrique Occidentale des années 30 et 40. Il était la coqueluche de toutes les femmes de sa génération. Sous la direction de Kélétigui, Kanté Dabadou Fila reprend un succès impérissable de Toubaka : « Toi qui veux épouser une jeune fille, il faut choisir, car la vie à deux est longue, longue… ».
4. Bembeya Jazz “Boiro” : Boiro est un jeune martyre de la lutte du peuple de Guinée pour son indépendance et sa liberté. « Boiro, celui qui meurt pour son pays a gagné l’immortalité », c’est sur ce thème que brode Camara Boubacar Demba.

FACE B :
1. Kélétigui et ses Tambourinis « Manghoya » : Manghoya peut se traduire par antipathie. Il s’agit d’un chant populaire qui dit les malheurs d’une épouse mal-aimée dans un ménage polygame. Tout ce que la malheureuse fait en bien se retourne contre elle au profit de la bien-aimée.
2. Bembeya Jazz « Fatoumata » : « Fatoumata est la plus belle, elle marche avec une souplesse féline, ses dents sont aussi blanches que la pleine lune ; c’est la femme d’entre les femmes ». Un chant d’amour qui fut en 1969 le grand succès du Bembeya Jazz National.
3. Balla et ses Balladins « Sara 70′ » : Chant et serments d’amour, on jouait Sara pour celles ou ceux qui ont eu un respect scrupuleux pour leur parole donnée. On dit que Sara fut une grande dame de la Savane qui endura des supplices pour un jeune paysan pauvre auquel elle avait juré amour pour la vie en présence de prétendants très puissants. Une merveille d’exécution et d’interprétation

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